Bahreïn-Le chef de l'opposition condamné à quatre ans de prison

le , mis à jour à 13:44
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(Ajoute précisions, réaction d'Al Wefaq) DUBAI, 16 juin (Reuters) - Le chef de l'opposition bahreïnie cheikh Ali Salman a été condamné mardi à quatre ans de prison pour incitation aux troubles, ont annoncé son parti Al Wefaq (chiite) et les autorités. "La Haute cour criminelle a livré aujourd'hui un verdict de quatre ans d'emprisonnement à l'encontre du secrétaire général d'une société politique", a déclaré le parquet du royaume sunnite dans un communiqué mis en ligne. Salman, qui n'est pas nommé dans le communiqué, a été condamné pour "incitation publique à la haine, un acte qui trouble l'ordre public, pour incitation à enfreindre la loi et pour injure aux institutions publiques". Al Wefaq a confirmé et condamné le verdict, jugeant que le régime aggravait ainsi la situation politique. "Ce verdict redonne un nouveau souffle à la crise et offre une plus grande légitimité à la mobilisation. Le peuple n'a pas d'autre choix que de poursuivre son mouvement populaire pacifique", a déclaré le parti sur son site officiel. "Le peuple ne rentrera pas à la maison et ne renoncera pas à ses exigences." Cheikh Ali Salman a été acquitté de la charge la plus lourde, celle d'incitation à un changement de régime par la force. Agé de 49 ans, l'opposant avait été arrêté le 28 décembre dernier après avoir pris la tête d'un rassemblement de protestation contre des élections tenues en novembre et que sa formation politique avait boycottées. Il était accusé d'avoir incité au changement de régime par la force lors d'émeutes et d'attaques qui ont causé la mort de 14 policiers. Amnesty International a appelé lundi à la libération de Salman, "prisonnier de conscience" n'ayant pas bénéficié d'un procès équitable selon le groupe de défense des droits de l'homme. Le royaume, secoué par des troubles sporadiques depuis des manifestations massives conduites en 2011 par la majorité chiite de la population, assure avoir mené d'importantes réformes politiques et amélioré le contrôle de l'action des forces de sécurité. (Noah Browning; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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