Baggio Husidic, de la guerre au football

le
0
Baggio Husidic, de la guerre au football
Baggio Husidic, de la guerre au football

Né en Yougoslavie en 1987, Baggio Hušidić a appris à jouer au football au milieu des horreurs de la guerre et des camps de réfugiés. Mais, avec un tel prénom, le milieu de terrain du Los Angeles Galaxy a toujours su qu'il ferait le maximum pour atteindre son rêve.

C'est une histoire de football qui aurait pu ressembler à beaucoup d'autres. Un petit garçon, fan de ballon rond et fils d'un ancien joueur professionnel. Un papa qui aurait bien aimé voir sa descendance suivre ses pas, et qui, pour mettre toutes les chances de son côté, décida de surnommer son jeune fils Baggio. Oui, comme Roberto Baggio, la légende du football italien. Une famille de football, qui a grandi en suivant les exploits de l'équipe nationale de son pays, la Yougoslavie, et de ses grands joueurs, Robert Prosinečki et Dejan Savićević, pour ne citer qu'eux, qui s'étaient hissés jusqu'en quarts de finale de la Coupe du monde 1990 avant d'échouer aux tirs au but face à l'Argentine. Voilà ce qui aurait pu être la toile de fond du récit ordinaire d'un passionné devenu professionnel. Mais tout n'a pas été aussi simple pour Adis Baggio Hušidić. La faute à une guerre, "un génocide", corrige-t-il, qui a forcé sa famille à fuir sa terre natale pour éviter un destin tragique.

Un camp de réfugiés, une chambre et un logement social


Quelques jours avant le cinquième anniversaire de Baggio, le 6 avril 1992, l'armée yougoslave entre en Bosnie-Herzégovine avec la ferme intention de punir le pays qui a déclaré son indépendance le 1er mars. Très vite, ce conflit territorial se mue en guerre de religions entre les Serbes orthodoxes, les Croates catholiques et les Bosniaques musulmans. Après deux ans sous les bombes, la famille Hušidić rejoint un camp de réfugiés en Croatie. Là bas, le jeune Adis découvre l'entassement et l'éloignement du football. "On était quinze ou seize dans une seule pièce pour dormir. Sortir, c'était risquer sa vie. Ils utilisaient des mines pendant la guerre. On entendait tout le temps des gens marcher dessus, on voyait des morceaux de corps, des doigts partout, les gens perdaient des yeux. Il y avait des lance-grenades à tous les coins de rue. Je ne sais même pas combien j'en ai tenu étant gamin", confiait-il il y a quelques jours à Scott French, journaliste pour le site officiel de la Major League Soccer. Après quelques mois à Split, cachés dans la chambre d'un proche, et obligés de mentir sur leur identité, les Hušidić parvinrent à fuir vers l'Allemagne.

Jusqu'à ses onze ans, Baggio vivait à Hambourg, dans un logement social. Mis à part le football, qu'il pratiquait dans la banlieue de la ville au sein d'un…




Lire la suite de l'article sur SoFoot.com

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant