Bagdad veut stopper le trafic d'antiquités de l'Etat islamique

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BAGDAD, 28 février (Reuters) - Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, a promis samedi de s'opposer au trafic de pièces d'antiquités dérobées par les combattants de l'Etat islamique. L'organisation djihadiste a diffusé cette semaine la vidéo de la mise à sac du musée de Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak conquise en juin dernier. Des pièces et des oeuvres d'art d'une valeur inestimable datant pour certaines de l'ère assyrienne, il y a 3.000 ans, ont été détruites à coups de marteau-piqueur et de masse. Mais Abadi a souligné que les islamistes n'avaient pas détruit toutes les sculptures et statues du musée, et qu'ils s'apprêtaient à les écouler sur le marché noir pour s'assurer de nouvelles rentrées financières. "Nous disposons d'informations selon lesquelles l'Etat islamique a détruit certaines pièces et en a gardé d'autres pour les vendre en contrebande, et ces ventes sont déjà amorcées", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Le chef du gouvernement irakien a indiqué que toutes les pièces étaient marquées et enregistrées, ce qui devrait permettre, avec l'aide internationale, de freiner leur revente et leur dissémination. D'après des archéologues, certaines des pièces détruites sur la vidéo remontent au VIIe siècle avant notre ère. Elles ont été découvertes lors de fouilles menées dans les ruines des cités antiques de Nemrod et Ninive, où s'élève aujourd'hui Mossoul. D'autres proviennent des ruines de Hatra. Le commentaire accompagnant la vidéo mise en ligne jeudi justifie leur destruction parce qu'elles incitent à l'idolâtrie. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a condamné vendredi soir ces destructions, au nombre des "actes terroristes barbares" commis par l'Etat islamique en Irak. (voir ID:nL5N0W203C ) Dans une résolution adoptée le 12 février, le Conseil de sécurité soulignait que le pillage et la contrebande d'objets appartenant au patrimoine culturel en Syrie et en Irak finançait les groupes djihadistes. "Cette tragédie est loin d'être seulement un enjeu culturel: c'est un enjeu de sécurité majeur, et l'on voit bien comment les terroristes utilisent la destruction du patrimoine dans une stratégie de terreur, pour déstabiliser et manipuler les populations, et assurer leur domination", a réagi vendredi la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova. L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, a-t-elle ajouté, "va lancer une coalition mondiale contre le trafic illicite des biens culturels". (Ahmed Rasheed; Henri-Pierre André pour le service français)

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