Bagdad dénonce la présence turque dans le nord de l'Irak

le , mis à jour à 12:42
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 (Actualisé avec réactions turques, contexte) 
    BAGDAD, 5 octobre (Reuters) - La présence de troupes turques 
dans le nord de l'Irak risque de donner lieu à un nouveau 
conflit armé dans la région, a averti mercredi le Premier 
ministre Haïdar al Abadi.  
    Le ministère irakien des Affaires étrangères avait 
auparavant convoqué l'ambassadeur de Turquie à Bagdad pour lui 
remettre une protestation et la même initiative a été prise à 
Ankara.  
    L'armée turque dit avoir déployé des effectifs dans le nord 
de l'Irak à la fin de l'année dernière dans le cadre d'une 
mission de formation et d'entraînement des forces irakiennes 
engagées contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI). 
    La semaine dernière, le Parlement turc a décidé de prolonger 
leur mandat d'un an. Le vice-premier ministre turc Numan 
Kurtulmus a jugé mercredi cette présence nécessaire à la 
stabilité de la région, alors que l'Irak est en pleine crise.  
    A Bagdad, on assure n'avoir jamais invité les Turcs à 
envoyer des soldats et on les considère comme une force 
d'occupation. 
    "Nous avons demandé plus d'une fois à la partie turque de ne 
pas intervenir dans les affaires irakiennes et je crains que 
l'aventure turque dégénère en une guerre régionale", a déclaré 
le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi, cité mercredi par 
la télévision irakienne. 
    "Le comportement de l'administration turque n'est pas 
acceptable et nous ne voulons pas nous retrouver dans une 
confrontation militaire avec la Turquie", a poursuivi le chef du 
gouvernement. 
    Le Parlement irakien a parallèlement voté une motion 
condamnant la prolongation du mandat turc, ce que le ministère 
turc des Affaires étrangères a condamné. "Nous pensons que cette 
décision ne reflète pas l'opinion majoritaire au sein du peuple 
irakien, que la Turquie aide et soutient depuis des années avec 
tous ses moyens", dit-il dans un communiqué". Il avait annoncé 
mardi soir la convocation de l'ambassadeur irakien a Ankara. Son 
homologue turc a Bagdad à été convoqué à son tour mercredi au 
ministère irakien des Affaires étrangères.  
    Les préparatifs de la bataille de Mossoul, la grande ville 
du nord de l'Irak dont l'Etat islamique s'est emparé en juin 
2014, exacerbent les tensions entre les deux puissances 
régionales.  
    La Turquie refuse notamment que les miliciens kurdes 
syriens, qu'elle assimile aux séparatistes du Parti des 
travailleurs du Kurdistan (PKK), y participent avec la 
bénédiction de Bagdad et de Washington.   
 
 (Maher Chmaytelli; Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief 
pour le service français) 
 
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