Bagarre mortelle près de Grenoble, marche blanche mardi

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MARCHE BLANCHE MARDI À ECHIROLLES
MARCHE BLANCHE MARDI À ECHIROLLES

par Catherine Lagrange

LYON (Reuters) - Une marche blanche sera organisée mardi à Echirolles (Isère) par les proches de deux jeunes hommes tués vendredi soir à l'arme blanche lors d'une bagarre d'une grande violence.

Un banal regard de travers est à l'origine d'une rixe qui a dégénéré dans cette commune de la banlieue grenobloise.

Les deux victimes, un étudiant en master et son ami d'enfance, tous deux âgés de 21 ans et résidents du quartier des Granges à Echirolles, n'étaient pas connus des services de police ou de justice.

"Nous n'avons pas affaire à des délinquants", a précisé le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat.

Il ne s'agit pas non plus d'un règlement de comptes entre bandes rivales sur fond de trafic de stupéfiants, a-t-il ajouté.

Une "futile et banale querelle d'adolescents" aurait déclenché les violences, a dit le procureur.

Une première bagarre s'est déroulée vendredi devant un lycée de la commune autour de deux garçons pour une histoire de "mauvais regard".

La bagarre s'est poursuivie et envenimée dans un parc voisin, avec le renfort des proches des deux garçons, opposant alors le groupe d'Echirolles à un autre plus important venu du quartier de la Villeneuve à Grenoble. Ce dernier était armé de battes de base-ball, de manches de pioches, de marteaux, de couteaux et d'un pistolet à grenaille.

COUPS DE COUTEAUX

Les deux victimes, Sofiane et Kevin, tentant de protéger les deux plus jeunes de l'assaut des Grenoblois, ont été la cible des assaillants, recevant de multiples coups de couteaux. L'un est décédé rapidement après les coups, lors de son transfert à l'hôpital de Grenoble. Le second a succombé à ses blessures samedi matin.

La police a interpellé vendredi soir un jeune majeur impliqué dans la bagarre. Son audition a permis de reconstituer la scène et de retrouver le pistolet et des douilles de balles tirées lors de la rixe.

L'enquête se poursuit auprès des témoins pour identifier les protagoniste de la bagarre mortelle.

Le groupe de Grenoble est issu du quartier de la Villeneuve, théâtre de scènes de violences urbaine pendant l'été 2010 qui avaient entraîné le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, dans lequel le président d'alors avait lié immigration et délinquance.

Ces deux meurtres, qui surviennent après une série d'affaires de violences en milieu scolaire, ont suscité une série de réactions politiques de la part de l'opposition de droite et du Front national.

"Je crois qu'il est vraiment crucial que le gouvernement arrête de donner des signaux d'impunité à la jeunesse de ce pays," a déclaré Valérie Pécresse, qui fut porte-parole du gouvernement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, sur BFM TV.

"J'ai vu ces dernières semaines monter des phénomènes de violence à l'école qui n'ont pas donné lieu, à mon sens, de la part du gouvernement à des réactions suffisamment fermes", a-t-elle ajouté.

Pour Marine Le Pen, "le double meurtre d'Echirolles traduit la banalisation insupportable de la barbarie dans notre pays".

"Il est plus que temps de redonner des valeurs et des repères à une société qui les a largement perdus, de faire régner l'ordre par une politique de tolérance zéro sans pitié avec les criminels et les barbares", ajoute la présidente du Front national dans un communiqué.

Edité par Patrick Vignal

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