BAE ne compte pas sur un contrat Eurofighter aux Emirats

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LES EMIRATS ARABES UNIS NE POURSUIVENT PAS LES DISCUSSIONS SUR L'EUROFIGHTER
LES EMIRATS ARABES UNIS NE POURSUIVENT PAS LES DISCUSSIONS SUR L'EUROFIGHTER

par Brenda Goh

LONDRES (Reuters) - Les Emirats Arabes Unis (EAU) ont décidé de ne pas poursuivre les négociations avec BAE Systems concernant l'acquisition de chasseurs Eurofighter Typhoon, tandis qu'un accord définitif se fait toujours attendre avec l'Arabie saoudite, a annoncé jeudi le constructeur aéronautique britannique.

Les exportations vers le Moyen-Orient et les pays émergents sont devenues un enjeu de taille pour les constructeurs d'avions de chasse comme BAE confrontés à la baisse des dépenses militaires aux Etats-Unis et en Europe.

Un montant allant jusqu'à six milliards de livres (7,2 milliards d'euros) avait été évoqué pour le contrat de l'Eurofighter aux Emirats, mais BAE, dans un point sur son activité, a fait savoir jeudi que le risque était grand que les négociations n'aboutissent pas et qu'il avait donc décidé de ne pas en tenir compte dans ses projections financières.

Les tractations se poursuivent par ailleurs avec l'Arabie saoudite pour finaliser le contrat dit Salaam, annoncé en 2007 et qui portait sur l'acquisition de 72 appareils pour 4,43 milliards de livres de l'époque. Les retards dans l'officialisation de ce contrat ont contraint BAE à réduire plusieurs fois ses prévisions de résultats annuels.

"D'importants progrès ont été accomplis mais un accord définitif n'est pas encore intervenu. Un accord vers le nouvel an serait reflété dans les résultats de 2013", a indiqué le groupe britannique dans son communiqué.

En octobre, BAE avait averti que son bénéfice par action 2013 pourrait être amputé de 6 ou 7 pence si l'accord n'était pas signé.

"Ces deux nouvelles sont assurément négatives pour BAE car certains investisseurs attendaient un contrat des Emirats, surtout après la visite du Premier ministre David Cameron au Salon de Dubaï", relève Rob Stallard, analyste chez Capital Markets.

"Mais Salaam pourrait être encore plus inquiétant dans la mesure où ces délais interminables peuvent laisser le sentiment que les négociations font du surplace."

60 AVIONS

Les Emirats envisagent d'acquérir une soixantaine de chasseurs pour remplacer leur flotte de Mirage. Le consortium qui construit l'Eurofighter - comprenant BAE, EADS et l'italien Finmeccanica - espérait être bien placé après la visite de David Cameron au Salon aéronautique de Dubaï le mois dernier.

"La décision était commerciale, et c'était une affaire difficile. Comme BAE l'a dit, c'était un prospect intéressant mais ce n'était pas dans leur plan de marche", a dit un porte-parole du gouvernement britannique en insistant sur la qualité des relations entre Londres et les EAU.

En marge du Salon de Dubaï, une source avait indiqué le 17 novembre à Reuters que les EAU réfléchissaient encore au choix de l'avion de chasse qui équiperait son armée de l'air, un contrat pour lequel le Rafale du groupe français Dassault Aviation est également sur les rangs.

Cette source avait alors ajouté que l'américain Boeing était aussi en lice avec son F15.

Le Rafale, que Dassault n'a toujours pas réussi à vendre à l'étranger, a connu une nouvelle désillusion mercredi au Brésil où le Gripen du groupe suédois Saab a été retenu pour un contrat portant sur 36 avions.

Avec la contribution de Li-mei Hoang, Christine Murray et Tim Hepher ; Nicolas Delame et Véronique Tison pour le service français

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