Bachar Mar-Khalifé : "J'étais gardien et je me récitais des fugues de Bach"

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Bachar Mar-Khalifé : "J'étais gardien et je me récitais des fugues de Bach"
Bachar Mar-Khalifé : "J'étais gardien et je me récitais des fugues de Bach"

Entre deux concerts pour présenter son 3e album, Ya Balad, le musicien franco-libanais s'assoit devant une bière pour causer football. Où il est question de l'OM, de Kery James et d'Al Alhy.

Qui est allé chercher la balle derrière le mur au fond du jardin (du titre de son 2e album, Who's gonna get the ball from behind the wall of the garden today) ? C'est toujours moi, en fait. On jouait au foot dans le jardin avec mon frère. J'étais gardien, mon frère canardait et le ballon passait souvent de l'autre côté. Je suis le plus jeune donc c'était toujours à moi d'y aller. J'escaladais le mur et j'allais chercher le ballon dans ce terrain vague où les orties poussaient, où c'était un peu dangereux, et c'est une image qui m'est restée, au point d'en faire un titre d'album. Parce qu'elle m'évoque beaucoup de choses que j'ai fabriquées par la suite, qui sont liées à la poésie et à la métaphore d'un ballon au-dessus d'un mur. Les murs, c'est symbolique, c'est une séparation entre deux mondes qui sont censés être les mêmes mais qui sont très différents. Quand on va au Sud-Liban, à la frontière, on voit la végétation côté libanais. De l'autre côté, on voit les colonies israéliennes, avec les arbres qui sont très verts, on a l'impression que ce n'est plus la même terre. C'est une séparation flagrante, du fait de l'homme, de la politique, de l'économie...
Ce mur au fond du jardin, il était au Liban ou en France ? Je suis né à Beyrouth, j'y ai vécu jusqu'à l'âge de 6 ans. Mais ce mur, il est à Nanterre. On y est arrivé à cause de la guerre au Liban. Evidemment, t'arrives de quelque part, t'es différent. T'es confronté à une cassure dans ta vie, dans ton enfance. Mais, après coup, quand je vois d'autres endroits, je me dis qu'on n'est pas mal tombés. Nanterre c'était une ville très mixte, avec des gens qui venaient d'autres parties du monde où ça n'allait pas bien. Je me souviens d'un élève qui arrivait de Roumanie, qui fuyait la dictature. D'autres... enfin voilà, ça venait de partout, et à aucun moment je me suis senti rejeté. Et ça, c'est que l'école. Le club de foot, c'est encore pire ! J'étais à l'ESN, l'Entente Sportive de Nanterre, des supers souvenirs. Je me souviens de tous les noms des joueurs de l'équipe, des trophées qu'on a gagnés, des entraînements spécifiques parce que j'étais gardien. C'est un poste un peu spécial. Je me souviens, parce que je commençais à prendre des cours de piano au Conservatoire, qu'il y avait des matchs où j'avais…

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