Bachar al Assad réélu à une écrasante majorité

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RÉÉLECTION DE BACHAR AL ASSAD À UNE ÉCRASANTE MAJORITÉ
RÉÉLECTION DE BACHAR AL ASSAD À UNE ÉCRASANTE MAJORITÉ

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - Le président syrien Bachar al Assad a été réélu à une écrasante majorité à la tête d'un pays déchiré par la guerre civile qu'il ne contrôle plus qu'en partie.

Le président sortant, qui affrontait deux adversaires peu connus dont la candidature avait été approuvée par le Parlement, l'emporte comme prévu à l'issue d'un scrutin dénoncé comme une mascarade par l'opposition syrienne et les membres de la communauté internationale hostiles au régime.

Bachar al Assad a obtenu 88,7% des voix, a annoncé mercredi le président du parlement, Mohammad al Laham, au lendemain du scrutin.

"Je proclame la victoire du Dr. Bachar al Assad en tant que président de la République arabe syrienne avec la majorité des suffrages exprimés lors du scrutin", a-t-il déclaré lors d'une allocution télévisée.

La participation a atteint 73,4%, selon la Cour constitutionnelle.

Le résultat a été salué par des tirs de célébration et des feux d'artifice à Damas. Trois personnes ont été tuées et 10 autres blessées par les tirs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

La télévision d'Etat a montré des scènes de liesse dans plusieurs villes du pays.

En Syrie comme à l'étranger, les opposants du chef de l'Etat, qui va entamer son troisième mandat, ont dénoncé une mascarade et jugent qu'aucun scrutin digne de ce nom ne peut avoir lieu dans un pays en guerre dont des régions entières échappent aux autorités et qui compte des millions de déplacés.

Fait inédit en Syrie, Bachar al Assad affrontait deux autres prétendants - Hassan al Nouri, ancien membre du gouvernement, ainsi que le parlementaire Maher Hajjar. Le premier est crédité de 4,3% et le second de 3,2%, soit moins que les bulletins nuls.

"PARODIE D'ÉLECTION"

Depuis un demi-siècle, un seul candidat était autorisé à se présenter et les sept derniers scrutins présidentiels se sont résumés à des plébiscites de l'actuel chef de l'Etat ou de son père Hafez, qui n'a jamais obtenu moins de 99% des voix. Son fils a quant à lui recueilli 97,6% il y a sept ans.

"Ces élections sont illégitimes et nuisent aux efforts politiques déployés pour trouver une solution à cet horrible conflit", dit l'Union européenne dans un communiqué.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a quant à lui jugé l'élection nulle et non avenue "parce qu'aucun scrutin n'est possible quand des millions d'habitants n'ont même pas la possibilité de voter, quand ils n'ont pas la possibilité de se présenter et qu'ils n'ont pas le choix".

"Nous dénonçons la parodie d'élection présidentielle du 3 juin: il n'y a pas d'avenir pour Assad en Syrie", disent pour leur part les chefs d'Etat et de gouvernement du G7, réunis pour deux jours à Bruxelles, dans un projet de communiqué dont Reuters a pu prendre connaissance.

"Nous condamnons fermement les atteintes aux droits humanitaires et aux droits de l'homme ainsi que les bombardements (...) aveugles du régime syrien.

"Il y a également des preuves que des mouvements extrémistes ont commis de graves violations des droits de l'homme. Tous les responsables de ces atteintes doivent en rendre compte", ajoutent les auteurs.

(Jean-Philippe Lefief et Patrick Vignal pour le service français)

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  • M3182284 le jeudi 5 juin 2014 à 10:18

    Au moins lui il sait traiter les barbus comme ils le méritent. Que les crimes de l'islam radical ne restent pas impunis