Bachar al Assad prêt à coopérer avec Trump contre les islamistes

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 (Ajoute autres déclarations d'Assad, interview de De Mistura) 
    AMMAN, 15 novembre (Reuters) - Le président syrien Bachar al 
Assad s'est dit prêt mardi à coopérer avec le futur président 
américain Donald Trump dans la lutte contre les islamistes, 
ajoutant qu'il fallait "attendre de voir" si le prochain 
locataire de la Maison blanche allait changer la politique 
américaine vis-à-vis de la Syrie.  
    Réagissant pour la première fois à l'élection du 
milliardaire à la présidence américaine il y a une semaine, 
Bachar al Assad a jugé que Donald Trump avait tenu des propos 
prometteurs sur la nécessité de combattre les islamistes en 
Syrie, "mais pourra-t-il tenir sa promesse ?" a-t-il dit. 
     "Que deviennent les forces contraires au sein de 
l'administration", a déclaré le président syrien, évoquant "des 
lobbies et des puissances" rivaux lors d'une interview à une 
chaîne de télévision portugaise, dont des extraits ont été 
diffusés par la télévision d'Etat syrienne. 
    "C'est pour cette raison que nous sommes très prudents dans 
notre jugement à son égard (...) mais disons que s'il combat les 
terroristes, bien sûr, nous serons ses alliés, un allié naturel 
avec les Russes, les Iraniens", a ajouté Bachar al Assad.  
    Pendant sa campagne, Donald Trump s'est interrogé sur la 
pertinence de soutenir les rebelles, il a minimisé le but 
officiel de Washington, qui réclame le départ de Bachar al 
Assad, et il a aussi observé que s'il n'aimait pas le président 
syrien, "Assad tue l'EI" avec l'Iran et la Russie.  
    Dans une interview à la BBC, l'envoyé spécial des Nations 
unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, estime que le président 
élu américain a raison de vouloir travailler avec la Russie 
contre l'Etat islamique en Syrie, mais il l'exhorte aussi à 
favoriser des réformes politiques pour empêcher le groupe 
djihadiste de recruter davantage.  
    Une victoire à long terme contre l'EI requiert une "approche 
complètement nouvelle", fait valoir le diplomate italo-suédois. 
"En d'autres termes, une sorte de décentralisation politique en 
Syrie. Autrement, beaucoup d'autres gens, malheureux en Syrie, 
pourraient rejoindre Daech alors qu'ils sont en train de 
combattre Daech", dit-il, employant l'acronyme arabe de l'EI.  
    Staffan de Mistura n'explique pas en détail ce qu'il entend 
par décentralisation mais estime que ce thème devrait occuper 
une place centrale dans les futures discussions entre Moscou et 
Washington sur la Syrie.  
    Il évoque un système décentralisé à l'irakienne, où les 
Kurdes auraient une certaine autonomie et où les musulmans 
sunnites ne se sentiraient pas privés de leurs droits.  
    Anas al Abdah, président de la Coalition nationale syrienne 
(opposition), a réagi aux propos de l'émissaire en soulignant 
que toutes les parties avaient accepté que la transition 
politique soit le but de toute négociation. 
    "Revenir là-dessus serait dangereux et contre-productif", 
a-t-il dit à Reuters. "La décentralisation (...) ne peut 
certainement pas remplacer la principale exigence des Syriens: 
qu'Assad, qui a assassiné des centaines de milliers de ses 
propres concitoyens, démissionne." 
 
 (Suleiman al Khalidi; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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