Bachar al Assad : "pas d'autre choix que la victoire"

le
0
    BEYROUTH, 6 avril (Reuters) - Le président syrien Bachar al 
Assad déclare dans une interview publiée jeudi qu'il n'y a "pas 
d'autre choix que la victoire" dans la guerre civile qui ravage 
la Syrie depuis six ans, expliquant ne rien attendre des 
pourparlers de paix qui se tiennent par intervalles à Genève et 
à Astana au Kazakhstan. 
    Dans cette interview, accordée au quotidien conservateur 
croate Vecernji List (Journal du soir) et diffusée par l'agence 
de presse syrienne Sana, Assad n'est pas interrogé sur l'attaque 
chimique de mardi dans la province d'Idlib qui a fait au moins 
70 morts.  
    Le président américain Donald Trump a accusé Bachar al Assad 
d'avoir "dépassé les limites" avec l'attaque de Khan Cheikhoune, 
attribuée par les pays occidentaux au régime syrien. L'interview 
semble avoir été accordée avant ces événements. 
    Le gouvernement syrien a démenti être à l'origine de 
l'attaque. La Russie, son principal allié, affirme que les morts 
ont été causés par une fuite dans un dépôt d'armes où les 
rebelles fabriquaient des armes chimiques, après une frappe 
aérienne syrienne. Les rebelles ont démenti cette version. 
    Bachar al Assad semble inattaquable militairement dans les 
secteur de l'ouest de la Syrie où il a consolidé son pouvoir 
avec l'aide décisive de l'armée russe et des milices soutenues 
par l'Iran chiite. 
    Dans l'interview diffusée jeudi, Bachar al Assad réaffirme 
son objectif d'infliger une défaite totale à l'insurrection. Il 
réaffirme aussi son rejet de création d'un Etat fédéral réclamé 
par les groupes kurdes dans le nord de la Syrie. 
    "Comme je l'ai dit il y a un certain temps, nous avons un 
grand espoir qui augmente. Et cet espoir est construit sur la 
confiance, car, sans confiance, il n'y aurait pas d'espoir. Dans 
tous les cas, nous n'avons d'autre choix que la victoire", 
déclare le président syrien. 
     
    "LE SENS PERVERTI DU DJIHAD" 
    "Si nous ne remportons pas cette guerre, cela voudra dire 
que la Syrie sera rayée de la carte. Nous n'avons pas d'autre 
choix que de faire face à cette guerre et c'est la raison pour 
laquelle nous sommes confiants, nous sommes persévérants et nous 
sommes déterminés", a-t-il déclaré. 
    Les rebelles ont ces dernières semaines lancé deux grandes 
offensives contre les forces gouvernementales en attaquant la 
capitale Damas et au nord de la ville de Hama. L'armée syrienne 
affirme que ces deux offensives ont été repoussées. 
    Evoquant ces offensives, Bachar al Assad déclare que 
"l'opposition qui existe est une opposition djihadiste dans le 
sens perverti du djihad". 
    Le gouvernement syrien qualifie tous les groupes qui le 
combattent de "terroristes" et les accusent de prendre leurs 
ordres à l'étranger, notamment en Turquie, en Arabie saoudite, 
au Qatar et aux Emirats arabes unis. 
    "C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas, dans la 
pratique, parvenir à un résultat concret avec cette partie de 
l'opposition (par des discussions)", déclare le président 
syrien. "La preuve en est que, lors des négociations à Astana, 
ils ont lancé leur attaque des villes sur les villes de Damas et 
Hama et d'autres parties de la Syrie, répétant le cycle du 
terrorisme et le meurtre d'innocents." 
    Les négociations d'Astana ont été lancées sous l'égide de la 
Russie et de la Turquie, laquelle soutient l'opposition au 
président Assad. Les deux pays ont mis en place une trêve entre 
l'armée syrienne et les rebelles qui a été violée depuis. 
    D'autres discussions, sous l'égide de L'Onu, se tiennent 
régulièrement à Genève mais elles n'ont rien donné. 
 
 (Tom Perry; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant