Baby Loup: la Cour de cassation confirme le licenciement

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PARIS (Reuters) - La Cour de cassation a confirmé mercredi le licenciement de Fatima Afif, congédiée en 2008 pour faute grave après avoir refusé de retirer son voile islamique dans la crèche privée Baby Loup, une affaire qui suscite depuis plus de cinq ans de vifs débats sur l'application de la laïcité.

La plus haute juridiction française, réunie en assemblée plénière, a ainsi suivi l'avis du procureur général et mis un terme à un long feuilleton judiciaire qui oppose les tenants d'une laïcité stricte et ceux d'une plus grande liberté religieuse.

Les juges de la Cour ont estimé que le règlement intérieur de la crèche, qui impose le respect de la laïcité, était suffisamment "précis" pour justifier une telle restriction de la liberté religieuse de la salariée, légitimée par ailleurs par les tâches accomplies par l'entreprise.

Ils ont en revanche rejeté l'idée selon laquelle Baby Loup pouvait prétendre à la qualification "d'entreprise de conviction laïque", ce que demandaient ses avocats.

C'est la cinquième fois que la justice française se prononce sur ce dossier controversé. Fait rare, c'est aussi la seconde fois que la plus haute juridiction statue, à la suite d'un arrêt dit "de rébellion" pris en novembre dernier par la cour d'appel de Paris.

Le 19 mars 2013, la Cour avait en effet suscité un vif émoi chez les défenseurs de la laïcité en annulant le licenciement de Fatima Afif.

Signe de la sensibilité du dossier, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait commenté, contrairement à l'usage, cette décision de justice, disant y voir une "mise en cause de la laïcité".

(Chine Labbé, édité par Gérard Bon)

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