Ayrault veut des propositions sur les contreparties au pacte

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JEAN-MARC AYRAULT VEUT DES PROPOSITIONS SUR LES CONTREPARTIES AU PACTE
JEAN-MARC AYRAULT VEUT DES PROPOSITIONS SUR LES CONTREPARTIES AU PACTE

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a demandé jeudi aux partenaires sociaux de faire des propositions d'ici un mois sur les contreparties liées au "pacte de responsabilité" censé relancer la croissance en réduisant les prélèvements sur les entreprises françaises.

Lors d'une déclaration à Matignon, où il a consulté patronat et syndicats toute la semaine, le Premier ministre a dit son intention d'adresser "dans les tous prochains jours" une lettre demandant aux partenaires sociaux de "faire part de leurs propositions de méthode et d'objectifs sur les contreparties au plus tard dans un délai d'un mois".

Un observatoire des contreparties "sera mis en place prochainement", a-t-il.

Sur les trois autres chantiers du "pacte" - baisse des charges des entreprises, simplification et réforme de la fiscalité -, Jean-Marc Ayrault a annoncé que des "propositions précises seraient présentées en mars.

"Il faut maintenant aller vite", a souligné le Premier ministre.

Les syndicats veulent des objectifs chiffrés en terme d'embauches en échange des baisses de prélèvements, mais le patronat refuse de s'engager sur ce point.

Selon un sondage Viavoice-BPCE pour Les Echos et France Info publié jeudi, 49 % des Français estiment que l'exécutif a "raison de proposer un tel pacte aux entreprises", contre 23 % qui sont d'un avis inverse, tandis que 28% ne se prononcent pas.

L'adhésion au pacte repose surtout sur un clivage sociologique entre "France d'en haut" et "France d'en bas". En effet, 59% des catégories aisées (chefs d'entreprise, cadres, professions intermédiaires), y sont favorables, mais seulement 42% des employés et ouvriers.

UN MILLION D'EMPLOIS ?

Jean-Marc Ayrault a terminé dans la matinée avec la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) et l'Unsa les consultations des partenaires sociaux entamées lundi.

"Si on veut maintenir l'accueil positif du pacte par les PME, il faut des mesures rapides", a souligné à sa sortie Jean-François Roubaud, le président de la CGPME.

Les consultations visant à mettre en oeuvre ce plan de 30 milliards d'euros, dont le Medef réclame le doublement, ont démontré la difficulté du dialogue social alors que François Hollande a reconnu son échec d'inverser fin 2013 la courbe du chômage, ralentie mais toujours ascendante.

Force ouvrière et la CGT ont dénoncé l'absence de contreparties demandées au patronat en échange d'une baisse des cotisations.

Le Medef estime quant à lui que les 30 milliards d'euros proposés par le gouvernement sont insuffisants pour changer la donne sur le terrain.

L'organisation patronale évalue à 116 milliards d'euros le montant des prélèvements à supprimer pour que la France comble son écart de compétitivité avec l'Allemagne et crée un million d'emploi.

Le pacte de responsabilité prévoit d'ajouter d'ici 2017 10 milliards d'euros de baisse de cotisations sociales aux 20 milliards d'euros de baisses d'impôts déjà consentis aux entreprises via le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE).

Parallèlement aux négociations sur le "pacte", Jean-Marc Ayrault a lancé mercredi le chantier de la fiscalité des entreprises, indissociable du pacte pour tenter de recréer en France un climat favorable à l'investissement et à l'emploi.

Le Premier ministre a installé mercredi le comité de pilotage des assises de la fiscalité des entreprises promises fin septembre par le chef de l'Etat pour apaiser des patrons qui se jugent pénalisés par le niveau des prélèvements en France.

Jean-Marc Ayrault doit en outre lancer vendredi le groupe de travail sur la remise à plat de la fiscalité des ménages.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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  • gnapi le jeudi 30 jan 2014 à 16:21

    remarque avec -77% d'investissement en 2013 par rapport à 2012 ... doit pas en rester beaucoup ...

  • gnapi le jeudi 30 jan 2014 à 16:20

    J'vois bien les étrangers se posant la question de l'investissement en France : ils attendent quoi au gouvernement comme proposition depuis le temps qu'on attend de comprendre ce qu'ils ont derrière la tête ?

  • gnapi le jeudi 30 jan 2014 à 16:19

    Marrant, ces têtes de winners n'ont pas compris qu'en fait ce sont les entrepreneurs et autres entreprises qui veulent des propositions concrètes avant de s'engager et de se faire avoir comme avant.On ne peut rien prévoir dans un environnement législatif et fiscal changeant, fut ce en économie étatisée comme en France.

  • .jpeg le jeudi 30 jan 2014 à 15:58

    La meilleure proposition qu'on puisse leurs faire (en dehors de démissionner) serait qu'ils aillent tous faire des stages en entreprise afin de comprendre enfin comment elles fonctionnent.

  • 73358377 le jeudi 30 jan 2014 à 15:46

    La gauche peut déjà annoncer pour 2015: le patronat n'a pas tenu ses promesses d'embauches telles que suggérées par le GVT et acceptées. , le chômage vas à peine se réduire malgré les efforts colossaux de toute la nation: état, collectivités locales dont les dépenses ont été stabilisées aux prix de très grands sacrifices : les masques tombent ,le responsable du chômage est ainsi enfin clairement identifié aux yeux de la république républicaine.

  • fignar le jeudi 30 jan 2014 à 15:25

    17% de charges sociales aux USA et 3,2% de croissance . A méditer ...

  • M156470 le jeudi 30 jan 2014 à 15:16

    FITTOTO -- Ces deux là respirent l'intelligence genre "faux derj" on ne fait pas mieux...

  • M156470 le jeudi 30 jan 2014 à 15:13

    FITTOTO -- Mais qu'est-ce qu'attend le Mou pour changer ce Gvt de mrde ???

  • pier4564 le jeudi 30 jan 2014 à 15:06

    ils veulent appliquer leur mauvaises gestion aux entreprises en forçant à embaucher sans marché!

  • M7093115 le jeudi 30 jan 2014 à 14:47

    Bla bla bla....Ferait mieux de travailler d' arrache pieds à diminuer les dépenses de l' EtatCa c'est de son ressort,mais il n' en fera rien ( trop de copain socialo noyeautent l' Etat....)