Ayrault promet de donner les détails de l'accord sur Florange

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JEAN-MARC AYRAULT PROMET DE DONNER TOUS LES DÉTAILS SUR FLORANGE AUX SYNDICATS
JEAN-MARC AYRAULT PROMET DE DONNER TOUS LES DÉTAILS SUR FLORANGE AUX SYNDICATS

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a promis mardi de donner aux syndicats d'ArcelorMittal tous les détails de l'accord conclu avec le groupe sidérurgique sur Florange (Moselle), "dans la transparence la plus totale", lorsqu'il les recevra mercredi.

Le Premier ministre, qui s'exprimait lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, n'a en revanche pas répondu à celles portant sur les hauts-fourneaux du site, qui pourraient être éteints prochainement avec pour conséquence la nécessité d'investissements coûteux s'ils devaient redémarrer un jour.

Il a déclaré que l'accord conclu avec ArcelorMittal se traduirait par un investissement de 180 millions d'euros sur cinq ans dans la filière "froide" de Florange, notamment le packaging dont l'avenir était selon lui "tout à fait incertain".

S'agissant des deux hauts-fourneaux, le groupe s'est juste engagé à les maintenir dans un état qui permette le lancement, à une date encore inconnue, du projet européen Ulcos, une technologie qui permet une production d'acier plus écologique grâce à la captation du CO2 rejeté.

Florange n'est pas le seul site en lice pour Ulcos, pour lequel la Commission européenne doit faire son choix le 20 décembre.

Interrogé sur l'arrêt éventuel de l'alimentation en gaz, Jean-Marc Ayrault a simplement indiqué que, sur les 150 millions d'euros déjà identifiés par l'Etat pour le développement d'Ulcos, "une grande partie ira tout de suite à l'investissement d'un démonstrateur nécessaire pour développer ce projet".

Edouard Martin, délégué CFDT et figure emblématique de l'intersyndicale de Florange, a indiqué que le gouvernement serait coupable de trahison si se confirmait l'information selon laquelle ArcelorMittal s'apprêterait à éteindre les hauts-fourneaux, qui doivent être maintenus en veille pour éviter toute dégradation.

"MIS SOUS COCON"

Laurent Berger, nouveau secrétaire général de la CFDT, a déclaré avoir reçu l'assurance du gouvernement que leur alimentation en gaz serait maintenue "jusqu'au moins en avril."

Selon des extraits du texte de l'accord conclu entre le gouvernement et ArcelorMittal publiés dans le Canard enchaîné à paraître mercredi, les hauts-fourneaux "seront mis sous cocon dans l'état actuel et compatible avec la perspective de réalisation d'un démonstrateur industriel Ulcos" sur un seul d'entre eux.

"Le fonctionnement de toutes ces installations sera arrêté en toute sécurité à l'issue de la procédure légale", ajoute le texte, ce qui signifie apparemment que les hauts-fourneaux seront fermés après consultation du comité d'entreprise.

Toujours selon le Canard Enchaîné, le texte de l'accord commence par le constat des deux parties "qu'il n'y a pas de repreneur déclaré pour le périmètre offert à la vente", à savoir les deux hauts-fourneaux et l'aciérie qu'ArcelorMittal comptait à l'origine fermer.

C'est pour contraindre le géant sidérurgique à céder dans le même temps les installations rentables de la "phase froide" de Florange, et faciliter ainsi la recherche d'un repreneur, que le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait brandi la menace d'une nationalisation temporaire du site.

Même si cette éventualité avait été évoquée un temps par François Hollande, le gouvernement y a finalement renoncé.

Et il n'a pas jugé "crédible" le repreneur disposé selon Arnaud Montebourg à investir 400 millions d'euros à Florange, qui serait, selon plusieurs informations de presse non confirmées par l'intéressé, Bernard Serin, un sidérurgiste qui a redressé Cockerill, une ancienne filiale d'Arcelor.

Jean-Baptiste Vey, Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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