Ayrault met en avant Airbus comme modèle de compétitivité

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JEAN-MARC AYRAULT DÉCRIT AIRBUS COMME UN SYMBOLE DE COMPÉTITIVITÉ
JEAN-MARC AYRAULT DÉCRIT AIRBUS COMME UN SYMBOLE DE COMPÉTITIVITÉ

par Jean Décotte

COLOMIERS, Haute-Garonne (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a salué mardi la réussite d'Airbus et érigé l'industrie aéronautique en "symbole d'une Europe performante", au moment où son gouvernement s'interroge sur les moyens d'accroître la compétitivité de l'économie française.

Venu inaugurer la chaîne d'assemblage de l'A350, le futur long courrier de l'avionneur européen, le Premier ministre a promis que le rapport à venir de Louis Gallois sur la compétitivité ne serait pas "un rapport pour rien".

Le rapport de l'ancien président exécutif d'EADS, la maison mère d'Airbus, attendu le 5 novembre, prônerait selon Le Figaro une baisse de 30 milliards d'euros des cotisations sociales des entreprises qui serait compensée notamment par une hausse de la CSG et une baisse des dépenses publiques.

Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, s'est refusé lundi à confirmer ces informations.

Le gouvernement a déjà fait savoir qu'il ne déciderait pas d'un transfert massif et soudain de dizaines de milliards d'euros de cotisations sociales des entreprises vers les consommateurs pour ne pas tuer l'espoir de reprise économique.

"Regarder de l'avant, c'est, à travers l'expérience d'Airbus, (...) être toujours en avant-garde. C'est une référence pour l'ensemble de l'industrie française", a déclaré Jean-Marc Ayrault à la presse.

"Le chantier de la compétitivité que le gouvernement a lancé, c'est un chantier essentiel pour l'avenir de notre industrie. La lutte contre le chômage, pour l'emploi passe par là."

Devant un millier de personnes réunies à Colomiers (Haute-Garonne) dans le nouveau bâtiment Roger-Béteille, du nom d'un des "pères" d'Airbus, le Premier ministre a paraphé la plaque commémorative inaugurant la ligne d'assemblage final de l'A350.

PAS DE CONCERTATION À LA LÉGÈRE

Ce programme doit marquer une nouvelle phase dans la lutte du groupe européen face à Boeing pour l'emporter sur le segment lucratif des long-courriers.

Dans son discours, Jean-Marc Ayrault a cité la recherche technologique et l'organisation des filières comme de "puissants facteurs" de compétitivité pour la France et fait l'éloge de la stratégie d'Airbus.

"Nous saluons ensemble la stratégie d'Airbus qui lui a permis de devenir le symbole d'une Europe performante et a démontré que la France et l'Europe peuvent réussir dans la compétition internationale", a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a promis des "mesures fortes en direction des entreprises et de leurs salariés" pour "donner à notre industrie les moyens de gagner en compétitivité", indiquant que les travaux ministériels menés depuis plusieurs semaines s'enrichiraient des propositions de Louis Gallois.

"Ce ne sera pas un rapport de plus, mais c'est au gouvernement d'apprécier à partir du rapport qui nous sera remis le 5 novembre", a-t-il expliqué.

"Ceux qui pensent que ce sera un rapport pour rien se trompent totalement. Tout ce qui sera faisable immédiatement, nous le ferons."

Mais il a souligné aussi que le "volet coût" de ce rapport demandait "de la négociation, de la concertation".

Pour favoriser la compétitivité hors coût, le gouvernement veut jouer sur l'innovation, la recherche et développement, le financement de l'économie via la Banque publique d'investissement, la réforme de l'épargne, le financement des exportations et la sécurisation du marché du travail.

"(La concertation) ne se fait pas à la légère (...) Le gouvernement ne négligera pas cette étape, mais avec un calendrier qui est serré, je le reconnais. La raison pour laquelle il est serré c'est qu'il y a urgence", a-t-il ajouté, promettant des décisions "le plus vite possible" mais sans donner de date.

"Je sais que les chiffres du chômage ne sont pas bons, mais notre objectif c'est de lutter contre le chômage dans une politique non seulement dans l'urgence, mais aussi une politique qui permette de préparer l'avenir, c'est ce que je voulais dire ici à Toulouse en prenant cet exemple d'Airbus".

Avec Tim Hepher, édité par Yann Le Guernigou

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