Ayrault exhorte la jeunesse tunisienne à résister à l'extrémisme

le , mis à jour à 21:32
1
    * La Tunisie touchée de plein fouet par les djihadistes 
    * Trois attentats en 2015, attaques à la frontière libyenne 
    * Coopération sécuritaire, aide aux régions défavorisées 
 
 (Actualisé avec discours) 
    par John Irish 
    TUNIS, 17 mars (Reuters) - Le ministre français des Affaires 
étrangères a exhorté jeudi la jeunesse tunisienne à résister à 
l'extrémisme islamiste et à "ne pas se tromper de chemin", au 
premier jour d'une visite en Tunisie destinée à renforcer la 
coopération bilatérale. 
    Le pays a réussi sa transition politique après le printemps 
arabe de 2011 mais subit les répercussions de l'instabilité en 
Libye où l'impasse politique profite aux djihadistes de 
l'organisation de l'Etat islamique (EI). 
    Le chômage continue en outre à sévir, particulièrement dans 
les régions défavorisées et chez les jeunes dans ce pays où plus 
de la moitié de la population a moins de 29 ans. 
    La Tunisie est confrontée à une fronde sociale, qui a fait 
descendre plusieurs milliers de Tunisiens dans la rue pour 
réclamer du travail ou demander des hausses de salaire.  
    Face au sentiment de relégation et d'injustice, "il convient 
de ne pas se tromper de chemin", a déclaré Jean-Marc Ayrault 
dans un discours prononcé à l'Institut français de Tunis, à 
l'adresse de la jeunesse tunisienne. 
    "Dans les régions les plus reculées, dans les couches les  
plus marginalisées de la population (...), les jeunes deviennent 
la proie facile des prédicateurs de haine, du repli identitaire 
et de la violence", a poursuivi le chef de la diplomatie. 
    "Ce n'est donc pas seulement l'avenir de la jeunesse 
tunisienne qui se joue", a-t-il ajouté. "C'est la réussite du 
chemin exemplaire que la Tunisie a su tracer qui est en jeu et, 
à travers elle, l'avenir de toute une région (...) C'est pour 
cela que la jeunesse tunisienne a le devoir de résister." 
    Dans un autre discours, devant la communauté française, il a 
souligné que la stabilité de la Tunisie et la consolidation de 
sa démocratie étaient un "enjeu stratégique" pour Paris. 
     
    COOPÉRATION 
    La France est déterminée à renforcer sa coopération avec la 
Tunisie, notamment par le biais d'un plan de soutien économique 
d'un milliard d'euros sur cinq ans, en grande partie consacré au 
développement des régions les plus défavorisées, a-t-il dit. 
    Berceau du printemps arabe, la Tunisie a été touchée l'an 
dernier par trois attentats revendiqués par l'Etat islamique, 
contre le musée du Bardo en mars, la station balnéaire de Sousse 
en juin et un bus de la garde présidentielle en novembre. 
    Depuis le début de l'année, le pays doit faire face à une 
instabilité grandissante dans sa zone frontalière avec la Libye. 
    Plus de 50 personnes ont été tuées la semaine dernière lors 
d'une attaque menée à Ben Guerdane, une ville située à quelques 
kilomètres de la Libye, par des hommes armés qui ont revendiqué 
leur appartenance à l'EI. 
    Au cours de sa visite, Jean-Marc Ayrault assistera à un 
hommage aux victimes de l'attaque du Bardo et rencontrera le 
président Beji Caid Essebsi, le Premier ministre, Habib Essid, 
et son homologue, Khemaies Jhinaoui. 
    Il profitera aussi de sa présence à Tunis pour rencontrer 
vendredi le Premier ministre libyen désigné, Fayez el Sarraj, et 
discuter de l'impasse politique de son pays  ID:nL5N16P51Z .  
    Pour tenter de contenir la menace libyenne, les autorités 
tunisiennes ont érigé une barrière de 200 km afin d'empêcher 
l'entrée de djihadistes sur son territoire. 
    En déplacement à Tunis en octobre, le ministre français de 
la Défense Jean-Yves Le Drian avait fait de la coopération dans 
les forces spéciales et le renseignement une priorité. 
    "Les Tunisiens ont réussi à porter des coups aux groupes 
terroristes", estime une source occidentale. "Sans doute la 
coopération internationale assez forte a produit de premiers 
résultats, donc il faut intensifier le processus".  
    L'enjeu est désormais d'augmenter le volume des forces 
spéciales tunisiennes qui comptent moins d'un millier d'hommes. 
 
 (Avec Marine Pennetier et Emmanuel Jarry à Paris) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • patr.fav le jeudi 17 mar 2016 à 17:31

    Pour Nicolas Sarkozy, il y a «trop» de parlementaires en France17 mars 2016, 13:42