Ayrault et Désir affichent leur tandem pour tenir le PS

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par Julien Ponthus et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et le prochain premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, ont affiché jeudi leur unité pour faire taire les divisions internes sur l'Europe, le cumul des mandats ou le droit de vote des étrangers.

En clôture des journées parlementaire du PS, à Dijon, les deux responsables socialistes se sont promis loyauté et confiance, sans revenir sur la lutte qui les a parfois opposés pour la succession de Martine Aubry à la tête du parti.

Harlem Désir a appelé la majorité à voter le Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), qui soulève l'hostilité de l'aile gauche du parti.

"Refuser ce traité, ce serait affaiblir le président, affaiblir la majorité", a lancé le député européen dont la désignation à la tête du PS a été critiquée pour ses batailles d'appareil et son manque de transparence, à la différence de la primaire de l'an dernier.

Il a ainsi apporté son soutien au Premier ministre en pleine opération de "pédagogie" auprès de la majorité parlementaire, où les premières défections rappellent le schisme du référendum sur la Constitution européenne en 2005.

Harlem Désir, qui prononçait à Dijon son premier grand discours de futur chef du PS, a aussi tenté de resserrer les rangs au sujet de la prochaine loi contre le cumul des mandats qui provoque la grogne de nombreux élus socialistes, à la tête de la majorité des collectivités locales du pays.

"Je refuse que le non cumul soit un sujet de division entre nous", a-t-il déclaré, refusant à la fois de "stigmatiser" les élus tout en promettant de tenir cet engagement de campagne de François Hollande.

Le futur premier secrétaire a élevé au rang de "priorités absolues" les échéances électorales - municipales, régionales et européennes - de 2014 et 2015.

Ces scrutins devraient être les premiers à appliquer les nouvelles règles sur le non cumul des mandats, que le gouvernement espère faire voter l'an prochain.

"N'AFFICHONS PAS DE DIVISIONS"

Ciblant une autre source de division en son camp, Harlem Désir a critiqué les réticences du ministre de l'Intérieur Manuel Valls sur le droit de vote des étrangers aux élections locales, engagement de campagne de François Hollande.

"N'affichons pas de divisions sur des engagements dont il est réaffirmé par le président et le gouvernement qu'ils seront tenus", a-t-il conseillé.

Sans revenir sur cette polémique, le Premier ministre a tenu à dissiper toute impression de conflit avec Manuel Valls en soutenant sa politique sécuritaire dont certains socialistes dénoncent les accents "sarkozystes".

"On nous ramènera à notre prétendu laxisme en matière de sécurité, et c'est pourquoi, chaque fois qu'il rappelle au respect des règles républicaines, je soutiens sans état d'âme l'action de Manuel Valls", a dit Jean-Marc Ayrault.

Le chef du gouvernement, qui connaît parfaitement les rouages parlementaires pour avoir été président du groupe socialiste à l'Assemblée durant 15 ans, a prôné l'unité tout en démentant tout caporalisme.

"Je ne vous demande pas de faire voeu d'obéissance", a-t-il lancé aux élus socialistes qu'il a exhorté à faire usage de leur force de proposition, notamment sous la forme d'amendements aux futurs projet de loi du gouvernement.

A ceux qui lui reprochent d'avoir tardé à accélérer le rythme face à la dégradation économique et de l'emploi, il a opposé la pertinence de son calendrier.

"Nous sommes socialistes et pourtant nous versons parfois dans la mythologie bonapartiste des cent jours", a-t-il dit, avouant comprendre "l'impatience" des Français.

"Mais gouverner c'est choisir. Et parmi ces choix, il y a la fixation du calendrier. Tout ne se fera pas en 100 jours ou même en 200".

Edité par Yves Clarisse

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