Ayrault en Iran dans le climat d'incertitude post-Trump

le
0
    * Entretien avec le président Rohani 
    * Il réaffirmera l'attachement européen à l'accord de 2015 
    * Les Iraniens déstabilisés par les déclarations de Trump 
    * La diplomatie française prône le "sang-froid" 
 
 (Actualisé avec déclarations, contexte) 
    par John Irish 
    PARIS, 27 janvier (Reuters) - Le chef de la diplomatie 
française se rend lundi et mardi à Téhéran pour réaffirmer 
l'appui des Européens à l'accord de 2015 sur le programme 
nucléaire iranien que Donald Trump menace de réviser, voire 
d'enterrer. 
    Jean-Marc Ayrault doit rencontrer le président Hassan Rohani 
et le ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif, avec lequel 
il coprésidera mardi la première session de la commission mixte 
économique franco-iranienne, créée en janvier 2016. 
    Une cinquantaine d'entreprises françaises seront 
représentées. "Après les contrats emblématiques avec Airbus, 
Total, Peugeot et Renault, il y a plein d'autres entreprises qui 
discutent", dit-on de source diplomatique française. 
    "Il y aura des accords et des lettres d'intention signées 
par le secteur privé", précise-t-on. 
    Mais c'est sur le terrain diplomatique que la France entend 
aussi peser. 
    Le nouveau président américain menace de revoir l'accord sur 
le nucléaire iranien, difficilement conclu le 14 juillet 2015 
avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine, la 
France et l'Allemagne, et a pris des positions très 
pro-israéliennes au risque de s'aliéner les autorités 
iraniennes. 
    "Il faut que l'accord soit respecté de part et d'autre. 
Faire des affaires avec l'Iran c'est évidemment bon pour les 
entreprises, mais ce n'est pas que cela. C'est aussi encourager 
ceux qui en Iran ont soutenu l'accord", explique-t-on de source 
diplomatique française. 
    "Ce n'est pas parce que Donald Trump est arrivé au pouvoir 
que l'on doit décider de refaire une grande revue de toute notre 
politique étrangère. Les Iraniens ont été déstabilisés, ils 
attendent et ils sont inquiets", dit-on. 
    "Pour le moment, on a les déclarations de Trump. On attend. 
Le maître-mot, c'est le sang-froid, ne pas se laisser entraîner 
par des effets d'annonce médiatique", ajoute-t-on. 
     
    CLARIFICATION ATTENDUE SUR LA SYRIE 
    La Maison Blanche a annoncé dimanche que le Donald Trump et 
le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'étaient 
entretenus au téléphone sur une série de questions régionales, 
"notamment les menaces que constitue l'Iran". 
    Face au durcissement américain, les ministres des Affaires 
étrangères de l'Union européenne ont réaffirmé leur intention de 
normaliser les relations avec Téhéran, conformément à l'accord 
nucléaire qui a rouvert les portes de l'Iran aux entreprises 
européennes. 
    "Il y a un consensus aujourd'hui, même chez les Arabes, et 
dans les milieux sécuritaires, pour dire que cet accord doit 
être préservé", déclare-t-on côté français. 
    La peur que des sanctions financières américaines toujours 
en vigueur puissent être à l'avenir infligées à des banques 
européennes a retardé la conclusion de contrats potentiels en 
Iran, un des dossiers que Jean-Marc Ayrault devrait aborder. 
    "On a un dialogue avec l'administration américaine mais là 
aussi, on est dans l'expectative. Néanmoins, la frilosité des 
banques ne détermine pas l'attitude de toutes les entreprises 
françaises", relève-t-on de source française. 
     Le chef de la diplomatie française évoquera également le 
rôle de l'Iran dans la région à la lumière des crises en Syrie, 
au Yémen ou en Irak.  
    La Syrie devrait être au premier plan du volet international 
des entretiens du ministre français, alors que Donald Trump n'a 
toujours pas clarifié sa position sur l'avenir politique de ce 
pays et que la Russie fait le forcing pour négocier un accord de 
paix en coordination avec l'Iran et la Turquie.   
    Jean-Marc Ayrault s'efforcera notamment d'éclaircir la 
nature du positionnement de l'Iran sur ce dossier.    
    "L'Iran a un rôle pivot. Mais les choses ne sont pas très 
claires dans l'alliance russo-iranienne, les agendas ne sont pas 
alignés", déclare-t-on. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant