Ayrault dévoile des mesures pour endiguer la violence en Corse

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LES MOYENS DES ENQUÊTES SERONT RENFORCÉS EN CORSE
LES MOYENS DES ENQUÊTES SERONT RENFORCÉS EN CORSE

PARIS (Reuters) - Jean-Marc-Ayrault a dévoilé lundi une série de mesures ciblées destinée à "stopper la dérive" de la violence en Corse.

Le Premier ministre a annoncé notamment la mise en place d'une cellule interministérielle et le renforcement des moyens d'enquête dans l'île, théâtre de 15 homicides depuis le début de l'année.

Les syndicats de police réclament des renforts massifs pour lutter contre la criminalité, mal endémique en Corse dont le regain a été illustré la semaine dernière par l'assassinat d'un avocat emblématique, Antoine Sollacaro.

Un plan en dix points a été décidé lors d'une réunion rassemblant à Matignon les ministres de la Justice, Christiane Taubira, de l'Intérieur, Manuel Valls, de l'Economie, Pierre Moscovici, et du Budget, Jérôme Cahuzac.

"Le gouvernement prend toutes ses responsabilités et est déterminé à mener une action de grande ampleur dans la durée. La dérive actuelle doit être stoppée", a dit Jean-Marc Ayrault dans une déclaration à la presse.

"La Corse fait partie du territoire de la République", a-t-il poursuivi. "Les actes graves qui se déroulent en Corse sont le fait d'une petite minorité qui ne respecte pas les règles de l'Etat de droit".

La polémique se poursuit pendant ce temps dans l'île après l'exécution d'Antoine Sollacaro, son fils Paul accusant certains enquêteurs d'avoir contribué à faire de l'ancien bâtonnier d'Ajaccio une cible potentielle.

"Les services de police sont responsables de sa mort", déclare Paul Sollacaro dans les colonnes du Parisien de lundi.

Antoine Sollacaro a été tué de neuf balles de gros calibre, dont cinq dans la tête et une au thorax. Son assassinat a suscité une vive émotion en France et en Corse, où des élus ont appelé les pouvoirs publics à agir pour enrayer la spirale de la violence dans l'une des régions les plus criminogènes d'Europe.

ESPRIT DE RESPONSABILITÉ

Le chef du gouvernement s'est dit déterminé à agir dans tous les secteurs à l'origine d'actes criminels, homicides ou attentats, qui endeuillent régulièrement la Corse.

Parmi les activités ciblées figurent le blanchiment, notamment dans les domaines de l'immobilier et du sport, le trafic de drogue, les procédures d'attribution des marchés publics et le respect de la loi littorale.

En 2011, 22 homicides ont été enregistrés en Corse, et 15 depuis le début de l'année. Le taux d'élucidation des homicides y a été en 2011 de 55,2%, contre 90,3 pour la moyenne nationale. Cette même année 2011, 62 attentats ont été commis. On en a dénombré 55 à ce jour en 2012.

Un niveau de violence "sans commune mesure" avec les autres régions françaises", a rappelé Jean-Marc Ayrault.

Lors du dernier conseil des ministres, François Hollande a estimé que la violence en Corse n'était "aucunement acceptable dans notre République".

La cellule interministérielle annoncée lundi "décidera des missions d'inspection et de soutien au préfet de Corse et aux services territoriaux de l'Etat pour l'exercice de leurs missions de contrôle, et qui fixera les axes du contrôle fiscal en Corse", a expliqué le Premier ministre.

Les moyens des enquêtes spécialisées seront complétés, de nouvelles mesures de politique pénale décidées et le pôle judiciaire de Bastia sera renforcé en juges d'instruction.

Manuel Valls et Christiane Taubira se rendront en Corse le mois prochain, a aussi annoncé le Premier ministre, qui en a directement appelé à "l'esprit de responsabilité" des habitants de l'île.

"Trop d'affaires ne sont pas élucidées parce que les victimes ou les témoins ont été intimidés. Trop de conflits sont réglés par la violence. Trop d'armes circulent en Corse. Chacun doit aujourd'hui s'interroger sur les racines de cette violence", a dit Jean-Marc Ayrault.

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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