Ayrault appelle la majorité à la solidarité sur l'Europe

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APPEL DU PREMIER MINISTRE À LA SOLIDARITÉ SUR LE TRAITÉ EUROPÉEN
APPEL DU PREMIER MINISTRE À LA SOLIDARITÉ SUR LE TRAITÉ EUROPÉEN

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a appelé mercredi la majorité à la solidarité lors du vote du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), qui soulève les doutes d'une partie de la gauche et de ses alliés écologistes.

Le Premier ministre entend convaincre les élus sur ce texte qui marque "le début d'une réorientation de l'Europe", dont l'adoption en octobre par le Parlement ne devrait pas poser problème malgré le débat actuel.

Le "paquet européen", examiné en conseil des ministres comprend trois volets : un projet de loi autorisant la ratification du TSCG, un projet de loi organique relatif à la programmation et à la gouvernance des finances publiques, qui assure sa mise en oeuvre et le Pacte européen pour la croissance et l'emploi adopté par le Conseil européen des 28 et 29 juin derniers.

Visiblement soucieux de pédagogie, Jean-Marc Ayrault s'est chargé d'une explication de texte en conférence de presse aux côtés de cinq membres de son gouvernement.

"L'appel que je lance à tous les parlementaires, c'est de prendre des responsabilités", a-t-il dit alors que les élus du Front de gauche ont annoncé qu'ils voteraient contre et que les écologistes, pourtant présents au gouvernement, sont partagés.

"Ce n'est pas un jeu tactique", a-t-il ajouté, jugeant "parfaitement légitime qu'il y ait débat".

"Mon objectif, celui du gouvernement, c'est de convaincre le plus grand nombre en cohérence avec les engagements présidentiels", a-t-il ajouté aux côtés du ministre des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, en première ligne dans le travail de conviction des parlementaires.

Plus tôt sur RTL, Jean-Marc Ayrault avait invoqué la loyauté à l'égard du président, pour "que les parlementaires qui ont soutenu François Hollande, qui sont d'ailleurs devenus députés grâce à son élection, comprennent que maintenant ce qui compte c'est d'être solidaires avec son action".

DONNER DE LA FORCE AU PRÉSIDENT

"Voter favorablement pour le traité et la loi organique qui l'accompagne, c'est continuer à donner de la force au président de la République pour défendre le point de vue de la France et faire bouger les lignes en Europe encore davantage".

Un appel qui a suscité l'ironie de l'UMP.

"Voilà que Jean-Marc Ayrault en est réduit à supplier sa majorité de bien vouloir voter le traité", a ainsi déclaré Jean-François Copé lors d'une conférence de presse.

Pour le Premier ministre, le dispositif présenté est à même de "sortir de la dictature des marchés financiers".

"À l'évidence, un nouveau climat existe" en Europe depuis l'élection du président socialiste français, estime Jean-Marc Ayrault, qui a rencontré mardi à Bruxelles le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Jean-Marc Ayrault prononcera un discours début octobre à l'ouverture du débat à l'Assemblée nationale - qui pourrait être suivi d'un vote, la décision n'est pas encore prise, a-t-il précisé -, puis au Sénat.

La volonté de sortir de la zone euro de la crise actuelle passe par la création d'une supervision bancaire, qui fait actuellement l'objet de débats entre Paris et Berlin.

Interrogé à ce sujet lors de la conférence de presse, le ministre des Finances, Pierre Moscovici, s'est dit optimiste.

Avec l'Allemagne, "il y a voie pour un accord. Nous discutons sur le rythme des choses, sur l'ampleur de l'approche, mais il est tout à fait caricatural de présenter ça comme je ne sais quelle différence, je ne sais quel 'couac', ou je ne sais quel choc", a-t-il dit.

"Je suis optimiste et volontaire, nous parviendrons à un texte sur la supervision bancaire, je souhaite qu'il soit global et qu'il soit rapide parce que c'est terriblement attendu par l'ensemble des acteurs économiques",

La France et l'Allemagne ont eu jusqu'à présent une approche différente du dossier, Paris plaidant pour une supervision de toutes les banques de la zone euro et Berlin souhaitant la limiter aux grandes banques jugées systémiques.

Elizabeth Pineau, avec Julien Ponthus et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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  • Isegoria le mercredi 19 sept 2012 à 15:01

    Une monnaie pour les gouverner tous et dans les ténèbres les lier.

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