Ayrault à Tripoli : dans le bunker du nouveau numéro un libyen

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Ayrault à Tripoli : dans le bunker du nouveau numéro un libyen
Ayrault à Tripoli : dans le bunker du nouveau numéro un libyen

Le lourd convoi de pick-up blindés quitte l'aéroport de Tripoli en slalomant entre les chicanes en béton. Des voitures de police bloquent la circulation, provoquant de gros embouteillages sur le front de mer. Quelques kilomètres plus loin, on pénètre à toute vitesse sur la base navale d'Abou Sitta, sécurisée par trois bateaux de guerre et des miliciens en armes. Une sorte de cité-bunker, au bord de l'eau, entourée de hauts murs antiexplosions. C'est ici — et non au centre de la capitale où il devrait théoriquement avoir sa place — que réside le nouveau Premier ministre du gouvernement national : Fayez al-Sarraj, 56 ans, arrivé par la mer il y a tout juste trois semaines dans des conditions rocambolesques.

« Les factions au pouvoir à Tripoli lui avaient interdit d'atterrir en avion. Alors il est arrivé de Tunisie par bateau. C'est courageux de sa part. Mais du coup, il sort rarement de la base, uniquement lorsque c'est nécessaire », raconte un diplomate français. Une situation qui en dit long sur l'imbroglio politico-militaire en Libye. Avec au total trois gouvernements différents et des groupes armés, les katibas, qui contrôlent chacun leur partie du territoire sans vraiment en référer à une autorité centrale. Moustache blanche et costume sombre, Fayez al-Sarraj est massif, calme. Il s'exprime en arabe mais parle un anglais très correct, héritage de son passé de businessman. « Nous acceptons toutes les aides d'où qu'elles viennent », glisse-t-il alors que le patron du Quai d'Orsay, Jean-Marc Ayrault, et son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, sont venus lui apporter leur soutien, hier à Tripoli. Au passage, les deux ministres ont confirmé qu'ils allaient rouvrir leurs ambassades rapidement. Mais dans les mêmes locaux, pour peser davantage. Une sorte de chancellerie diplomatique partagée. « La communauté internationale tout entière compte sur Sarraj pour reprendre en main le pays. Car partout où le ...

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