Axa maintient son cap de désendettement après Mony

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AXA N'ENVISAGE PAS DE MODIFIER SA POLITIQUE DE DIVIDENDE
AXA N'ENVISAGE PAS DE MODIFIER SA POLITIQUE DE DIVIDENDE

par Matthieu Protard et Christian Plumb

PARIS (Reuters) - Axa n'entend pas modifier sa politique de dividende, pas plus qu'il ne prévoit de relever son objectif de réduction de dette, après avoir cédé jeudi un portefeuille d'assurance-vie aux Etats-Unis, a déclaré vendredi son PDG Henri de Castries lors d'une interview à Reuters.

Le groupe français, numéro deux de l'assurance en Europe après l'allemand Allianz, a accéléré son développement dans les pays émergents à partir des années 2000. Il entend poursuivre le renforcement de ses fonds propres et arbitrer ses ressources en capital pour privilégier les marchés les plus porteurs de croissance.

"L'idée qu'on dessine des lignes de produits qui consomment moins de capital, l'idée que de temps en temps on puisse céder des blocs de business, cela fait partie de la vie de tous les jours et du métier", a déclaré Henri de Castries. "Nous avons une gestion active de nos portefeuilles."

Le PDG n'a pas souhaité se prononcer sur d'éventuelles acquisitions, mais a rappelé qu'Axa, depuis 2008, a alloué quelque six milliards d'euros de capital pour se renforcer dans les pays émergents.

"Aujourd'hui, il faut plutôt essayer de positionner le capital libéré sur les émergents parce que c'est là que se trouvent la croissance et les marges", a-t-il expliqué, excluant au passage tout besoin d'appel aux marchés financiers pour renforcer les fonds propres du groupe.

Axa, qui s'est fixé comme objectif d'atteindre un ratio d'endettement de 25% en 2015, devrait y parvenir dès cette année une fois finalisée la vente de son portefeuille d'assurance-vie aux Etats-Unis à Protective Life Corporation.

A fin 2012, le ratio d'endettement du groupe s'élevait à 26%. Il sera abaissé d'un point après la cession.

TAUX DE DISTRIBUTION "APPROPRIÉ"

Prié de dire si Axa envisageait du coup de réduire davantage son endettement d'ici 2015, Henri de Castries a exclu cette hypothèse : "Le ratio de 2015 est le ratio de 2015. Il n'y a pas de raison de changer d'objectif."

Certaines compagnies d'assurance, à l'image du britannique Aviva, sont tentées de tailler dans leur dividende pour renforcer leur solidité financière, mais Axa ne veut pas suivre cette voie. Il va d'ailleurs verser un dividende de 0,72 euro par action au titre de l'exercice 2012, en hausse de 4% par rapport à 2011.

"Nous avons une politique claire. C'est un taux de distribution de 40% à 50%, qui nous semble approprié", a souligné Henri de Castries. "Nous n'avons pas l'intention d'en changer à ce stade."

A la Bourse de Paris, l'action Axa, qui a gagné plus de 2% depuis le début de l'année, continue de souffrir d'une décote face à ses principaux concurrents.

Le ratio "price-to-book", qui mesure le rapport entre la valorisation boursière des fonds propres et leur valeur comptable, est de 0,62 pour Axa, selon les données Thomson Reuters, contre 0,92 pour Allianz et 1,1 pour Aviva.

La capitalisation boursière de l'assureur français ressort à près de 33 milliards d'euros.

RISQUES DE FRAUDE À L'ASSURANCE

Interrogé sur les discussions en cours sur la nouvelle réglementation européenne du secteur de l'assureur, Solvabilité II, Henri de Castries espère que l'Union européenne parviendra à un compromis.

Des voix se sont élevées ces dernières semaines en faveur d'un assouplissement des futures règles de solvabilité financière, que les assureurs réclament pour continuer à financer l'économie et favoriser la reprise.

"Nous sommes sur la même position que l'ensemble de l'industrie européenne. Nous voulons un certain nombre d'aménagements qui permettent de gérer en fonction de ce qui est la vraie nature des passifs", a expliqué le PDG d'Axa.

"Nous préférerions trouver un compromis car l'alternatif n'est pas de rester dans Solvency I. Solvency I est un système dépassé, tout le monde en convient", a ajouté Henri de Castries. "Le risque est d'avoir 27 Solvency II différents si nous n'arrivons pas à un compromis."

L'assureur ne ménage pas non plus ses critiques contre le projet du gouvernement de pouvoir résilier à tout moment des contrats d'assurance.

"La résiliation à tout moment crée des risques juridiques absolument considérables et qui franchement n'en valent pas la chandelle", a réagi Henri de Castries. "Nous sommes absolument sûrs que ce système encouragera massivement la fraude."

"C'est la certitude que les clients qui payent régulièrement paieront davantage. Et cela n'est qu'un des problèmes du système."

Défendu par le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon, le projet de loi doit être présenté en conseil des ministres fin avril.

Edité par Dominique Rodriguez

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