Axa et Allianz pourraient devenir des valeurs « aristocrates »

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(AOF) - Plus de 420 milliards de dollars. C'est le montant total des dividendes versés par les 1200 plus grosses capitalisations boursières mondiales au cours du deuxième trimestre 2016 (source Henderson). Parmi elles, les sociétés européennes se sont montrées plutôt généreuses puisque les Pays-Bas et la France figurent dans le trio de tête des plus fortes progressions de dividendes en affichant des hausses respectives de 28.3% et 11,2%, observe Diamant Bleu Gestion.

Derrière ces chiffres, commente la société de gestion, on voit déjà poindre le sempiternel débat qui opposerait, à tort, le dividende et l'investissement. Au contraire, il donne un moyen à celui qui le reçoit de financer ses propres investissements. D'ailleurs, face à un environnement de marché volatil marqué par des taux d'intérêt historiquement bas, les entreprises cotées semblent avoir bien compris l'importance de fidéliser leur actionnariat en le récompensant par une rémunération satisfaisante et régulière. Certaines d'entre elles en ont fait leur ligne de conduite sur le long terme et ont permis de voir émerger le concept de "croissance du rendement". On les appelle les valeurs "aristocrates", synthèse entre les actions de croissance et celles de rendement.

Introduit par Standard and Poor's, ce concept d'investissement concernait initialement un univers composé de sociétés qui avaient augmenté chaque année ou, a minima, maintenu leur dividende durant une période de 25 ans, souligne Diamant Bleu Gestion. Cette thématique a ceci d'original qu'elle privilégie moins le rendement en lui-même que sa croissance et sa longévité. Outre-Atlantique, une forte proportion des 50 plus grosses capitalisations boursières du S&P 500 répondent à ce critère. A contrario, en Europe, les différentes crises successives n'ont pas permis aux poids lourds de la cote de tenir le même cap sur une durée aussi longue. En revanche, si l'on réduit la période d'observation à 10 ans, plus d'un tiers de l'Euro Stoxx 50 s'inscrit dans cette tendance.

On y retrouve des profils réputés défensifs comme Air Liquide, Airbus, Danone, Vinci, Sanofi ou encore Essilor International, dont le dividende par action a parfois doublé, parfois même décuplé au cours de la décennie écoulée. Le secteur du luxe n'est pas en reste à l'image de LVMH, qui n'a pas manqué de faire bénéficier à ses actionnaires de ses taux de croissance à deux chiffres dans les pays émergents, et notamment en Chine. Ainsi, le propriétaire de la marque Louis Vuitton, est-il passé d'une distribution de 1,45 euro par action en 2007 à 3,6 euros en 2016 A l'inverse, affectées par la crise des "subprime" en 2009, les banques sont pour le moment écartées de ce cercle de privilégiés.

In fine, cette politique de distribution s'avère payante : dans une large majorité des cas, ces "aristocrates" du rendement ont surperformé leur indice de référence à période comparable, précise le gérant. D'autres pourraient bien venir s'ajouter à la liste dans les années à venir dont deux acteurs du secteur financier que sont Axa et Allianz, qui ont connu une amélioration continue de leurs dividendes durant les 8 dernières années. D'autres figurent également parmi les prétendants au club des "aristocrates" comme Daimler, Deutsche Post et Saint-Gobain, qui se distinguent par leur régularité depuis 2009. Reste maintenant pour eux à confirmer le tir.

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