Avtovaz pense à produire plus en interne face à la corruption

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TOGLIATTI (Russie), 29 août (Reuters) - Avtovaz AVAZ.MM , désormais contrôlé par Renault-Nissan, pourrait réintégrer une partie de la production qu'il sous-traite actuellement afin de lutter contre la corruption dans sa chaîne d'approvisionnement et mieux maîtriser ses coûts, ont déclaré cette semaine de hauts dirigeants du constructeur automobile russe. Le propriétaire de la marque Lada envisage d'investir dans la fabrication de composants tels que des sièges ou de petites pièces métalliques qu'il achète pour l'instant à des fournisseurs extérieurs, a déclaré son directeur financier, Evgueni Belinine, jeudi à des journalistes. "Nous avons les bâtiments et, dans certains cas, les équipements", a-t-il dit. "Ça n'est donc pas comme si on partait de zéro." Déficitaire, Avtovaz cherche à réduire ses coûts d'approvisionnement de 2% cette année en dépit de l'inflation, a expliqué le groupe dans une présentation à son siège de Togliatti, à l'est de Moscou. Ses achats représentent 140 milliards de roubles (2,9 milliards d'euros) par an, soit 56% de son chiffre d'affaires, ce qui en fait son premier poste de dépenses. Son directeur général, Bo Andersson, souhaite ramener ce ratio au niveau de ceux de Renault et Nissan. Pour ce faire, le groupe exige désormais "100% de transparence sur les coûts" à des fournisseurs russes, a-t-il dit mercredi à Moscou. "Certains me la donnent, d'autres pas", a-t-il ajouté. "Les meilleurs fournisseurs disent: 'Merci beaucoup, M. Andersson, nous serons compétitifs' et les pires disent: 'Nous ne savons pas vraiment si nous avons envie de le faire'." Evgueni Belinine a expliqué que 15% à 20% des achats ne faisaient toujours pas l'objet d'appels d'offres et que certaines procédures concurrentielles étaient faussées par les fournisseurs qui se concertent. Certains gros contrats sont par ailleurs attribués au seul fournisseur existant, ce qui se traduit par un coût d'achat deux fois supérieur au prix mondial pour des composants clés. La réintégration de la production de ces composants pourrait toutefois être incompatible avec les objectifs financiers d'Avtovaz. "Je pense que cela représenterait un défi de taille et un investissement non négligeable", a ainsi déclaré un responsable de Renault-Nissan RENA.PA 7201.T qui a requis l'anonymat. (Laurence Frost,; Marc Angrand pour le service français)


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