Aviva piégé par un contrat d'assurance infernal

le
2

L'assureur pourrait devoir rapidement plus de 1 milliard d'euros à un jeune épargnant.

Mais quelle mouche a donc piqué Aviva, la filiale française du géant de l'assurance britannique? Depuis plus de dix ans, elle mène contre certains de ses assurés des combats juridiques qu'elle est en train de perdre les uns après les autres. Et la facture finale pourrait être très salée, supérieure à 1 milliard d'euros, de quoi susciter l'inquiétude des épargnants qui lui ont confié leur argent. Tout cela à cause d'un contrat mal ficelé commercialisé de la fin des années 1990.

Jusqu'en 1997, Abeille vie, racheté par Aviva, commercialisait des contrats d'assurance-vie dits «à cours connus». L'épargnant titulaire d'un tel produit pouvait effectuer les arbitrages entre les différents supports du contrat tout en connaissant à l'avance son résultat. Autrement dit, si l'épargnant choisissait d'investir sur un support ayant progressé, il l'achetait à son cours de la semaine précédente et empochait automatiquement le gain. Une martingale où il était impossible de perdre.

Aviva se rend compte rapidement du risque potentiel qu'il encourt avec de tels produits, et tente de les racheter. La plupart des assurés acceptent le marché, mais certains résistent. Pour ceux-là, l'assureur vide les contrats de leur substance en supprimant unilatéralement tous les supports boursiers. Mais certains assurés se rebiffent. Max-Hervé George est l'un d'entre eux.

Ce jeune épargnant de 24 ans, titulaire d'un contrat depuis 1997 ouvert à son nom par son père, vient d'ailleurs d'obtenir une victoire par KO devant la Cour de cassation. La plus haute juridiction judiciaire a ainsi condamné Aviva à l'indemniser pour sa perte de chance de faire prospérer son épargne selon les termes du contrat initial. Max-Hervé George doit ainsi toucher 1,4 million d'euros pour la période jugée (1997 à 2007). Une paille pour l'assureur, mais qui pourrait rapidement mettre ses comptes en péril.

Un risque considérable

«Pour la période postérieure à 2007, si l'on retient le taux de revalorisation annuelle fixé par l'expert et avalisé par voie judiciaire le 27 août dernier, ce sont 55 millions d'euros qui devraient venir grossir son contrat aujourd'hui, et plus de 1 milliard en 2020!» explique Me Nicolas Lecoq-Vallon, son avocat. Des sommes que l'assureur devra bien trouver quelque part, et qui pourraient venir impacter l'actif général de la compagnie. Autrement dit, l'argent de tous les clients de l'assureur, qui tente d'en minimiser les conséquences financières.

«Nous avons passé les provisions suffisantes pour faire face à ce risque», explique son porte-parole. «Les comptes de l'assureur font ressortir des provisions de l'ordre de 20 à 30 millions d'euros alors qu'il faudrait qu'elles se montent à plus de 1 milliard d'euros, affirme Nicolas Lecoq-Vallon. Dans ces conditions, les comptes d'Aviva ne sont pas sincères!»

Ce bras de fer, qui se déroule sur fonds de rachat d'Aviva par son concurrent Friends Life, est sans concession. «En mai 2014, j'ai effectué un versement de 10 millions d'euros sur mon contrat, explique Max-Hervé George. Aviva a utilisé tous les moyens possibles pour retarder l'encaissement de ce versement, qui n'est intervenu qu'en décembre 2014, soit huit mois plus tard.»

Ce jusqu'au-boutisme et le risque financier commenceraient même à inquiéter les épargnants de l'Afer, dont l'assureur n'est autre qu'Aviva. «Même si l'épargne des assurés est cantonnée, le risque de perte d'Aviva est infini, ce qui pourrait, à terme, poser des problèmes de solvabilité», averti Jean-François Filliatre, représentant du collectif d'épargnants de l'Afer.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • d.e.s.t. le mercredi 4 mar 2015 à 09:35

    Incompétence doublée de malhonnêteté: nos assureurs assurent!

  • b.renie le mardi 3 mar 2015 à 06:58

    Je ne cesse depuis 2008 de réclamer d'établir des contraintes de gestion sur toutes la finance. Il y a du bon travail de fait mais pas l'essentiel : le cloisonnement en mettant un terme à la banque universelle: baril de poudre en puissance