Aveva et Schneider renoncent à un rapprochement trop risqué

le , mis à jour à 13:42
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    * La transaction jugée trop complexe et risquée 
    * La chute des cours du brut avait influé sur les 
discussions-sce 
    * L'action Aveva chute d'un tiers à Londres 
    * Le groupe britannique réaffirme ses prévisions de 
résultats 
 
 (Actualisé avec cours, précisions et commentaire) 
    par Sarah Young et Gilles Guillaume 
    LONDRES/PARIS, 15 décembre (Reuters) - L'éditeur britannique 
de logiciels industriels Aveva  AVV.L  et le français Schneider 
Electric  SCHN.PA  ont abandonné mardi le projet de 
rapprochement de leurs activités de logiciels, jugeant d'un 
commun accord l'opération trop complexe et risquée. 
    Aveva, dont les logiciels servent à concevoir des 
plates-formes pétrolières, navires ou centrales nucléaires, a vu 
son titre s'effondrer d'un tiers à la Bourse de Londres en dépit 
de spéculations sur de nouvelles manifestations d'intérêt. 
    Vers 12h50, le titre chute de 34,6% à 1.417 pence alors que 
Schneider est en légère hausse à 52,65 euros (+0,44%) à la 
Bourse de Paris. 
    Le groupe français avait annoncé le 20 juillet qu'il 
investirait 550 millions de livres (756 millions d'euros) dans 
des actions nouvelles d'Aveva afin de prendre une participation 
de 53,5% dans le leader des logiciels industriels issu de ce 
rapprochement.  ID:nL5N1000UG  
    En lui apportant ses propres activités issues notamment 
d'Invensys, racheté il y a deux ans au Royaume-Uni, l'objectif 
était de créer un leader du secteur ayant des clients aussi 
divers que l'industrie pharmaceutique ou nucléaire. 
    "Après une période extensive de 'due diligence', les 
conseils d'administration d'Aveva et de Schneider Electric ne 
sont pas parvenus à s'entendre sur les termes d'un accord et les 
discussions ont été arrêtées par consentement mutuel", a déclaré 
Aveva dans un communiqué, imité peu après par Schneider. 
    "D'un commun accord, les deux parties ont décidé d'arrêter 
leurs discussions", a confirmé Schneider. 
    La rupture des négociations n'entraînera pas le versement de 
pénalités par une partie ou une autre, a précisé le britannique 
en ajoutant que ses perspectives pour le reste de l'exercice 
demeuraient inchangées. 
     
    LE MARCHÉ PARIE SUR D'AUTRES OPERATIONS 
    Le rapprochement de ses logiciels avec ceux de Schneider 
devait permettre à Aviva de réduire son exposition envers les 
marchés du pétrole et du gaz, qui représentent actuellement 45% 
de son chiffre d'affaires. 
    Mais l'entreprise, issue de la scission en 1967 d'un 
laboratoire spécialisé de l'Université de Cambridge, a expliqué 
que la structure envisagée pour la nouvelle société et le 
montage financier étaient trop complexes. "La hausse qui avait 
été anticipée de la valeur actionnariale n'aurait probablement 
pas été réalisée autant que ce qui était envisagé", a-t-elle 
fait savoir.  
    En juillet, des brokers avaient calculé que la proposition 
valorisait Aviva à 2.600 pence par action, soit une prime de 47% 
par rapport à son cours de l'époque. 
    Une source proche du dossier explique pour sa part que 
l'environnement avait beaucoup changé à l'automne par rapport au 
cadre initial dans lequel avait été signé l'accord de principe. 
"Il y avait des sujets de valorisation liés à l'évolution des 
devises et à la baisse du pétrole", a-t-elle dit. 
    Pour Kepler Cheuvreux, l'abandon du projet est positif car 
il laisse augurer d'autres opérations de croissance externe chez 
le groupe français. 
    "Cela évite à Schneider de poursuivre une stratégie complexe 
en matière de logiciels industriels (...) dans une période où 
les marchés principaux d'Aveva enregistrent une détérioration de 
la demande", commente l'intermédiaire dans une note, en 
référence à l'exposition d'Aveva au secteur de l'oil & gas. 
    "Schneider améliore ainsi sa flexibilité financière. Nous 
estimons maintenant à jusqu'à deux milliards d'euros sa 
puissance de feu en cas d'opportunités de M&A", ajoute-t-il. 
    Le numéro un des équipements électriques basse et moyenne 
tension veut se renforcer notamment dans les solutions et les 
services entourant le développement de la "smart grid" (réseaux 
électriques intelligents"). Dans le cadre de l'évolution de son 
portefeuille, il a cédé coup sur coup l'activité d'éclairage 
Juno Lighting en octobre, et l'activité Transport du groupe, 
mi-décembre. 
    Selon Investec, Aviva pourrait de son côté susciter de 
nouvelles marques d'intérêt, surtout après l'effondrement de son 
cours de Bourse. Jefferies a lui aussi ravivé ces spéculations, 
sans citer de nom mais il avait auparavant mentionné un intérêt 
possible de l'allemand Siemens  SIEGn.DE . 
 
 (Avec Véronique Tison, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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