Avenir des retraites : le gouvernement veut croire que tout est réglé

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INFOGRAPHIE - À écouter l'exécutif, les régimes de retraite sont proches de l'équilibre et ne nécessitent plus de réformes structurelles. Mais le rétablissement à terme de l'équilibre des régimes relève des hypothèses les plus optimistes avec une croissance de 1,5 % par an à partir de 2020.

Après l'orage, l'éclaircie… Le Comité de suivi des retraites, organisme créé pour vérifier que le système de retraites respecte les trois objectifs assignés par la loi Touraine de 2014 (niveau de vie des retraités, équité entre assurés, pérennité financière), s'est montré ce lundi on ne peut plus optimiste lors de la remise de son troisième rapport au premier ministre. Pour ses cinq membres, «la situation et les perspectives du système de retraites ne s'éloignent pas de façon significative des objectifs définis par la loi». Une «amélioration lente mais sensible» qui confirme, selon Manuel Valls, «le très net rétablissement de notre système de retraites» que la gauche a remis, via la réforme de 2014, «sur la voie d'un équilibre financier durable».

Plus lyrique, Marisol Touraine assure aux Français qui douteraient que «l'équilibre est bien de retour». Et la ministre des Affaires sociales, toujours très politique dans ses prises de parole, de marteler que «la question de l'âge du départ en retraite n'a plus aujourd'hui de raison d'être posée» pour des raisons financières, avant de fustiger «ceux qui veulent distiller de mauvaises nouvelles, ceux qui veulent jouer sur les inquiétudes, ceux qui dans la perspective des élections à venir veulent se faire les messagers de l'anxiété». Comprendre l'ensemble des candidats à la primaire des Républicains…

«Dans des scénarios économiques favorables, le système tend vers l'équilibre financier, voire l'excédent», présage le comité de suivi. Si la conjoncture ne se dégrade pas, le besoin de financement du système sera de 0,2 % du PIB en 2020, soit 4 milliards. Un déficit deux fois inférieur à celui qu'anticipait il y a un an le Conseil d'orientation des retraites (COR). Et nettement revu à la baisse aujourd'hui en raison de l'accord, trouvé par les partenaires sociaux à l'automne 2015, qui vise à réduire de 6,1 milliards d'euros, à horizon 2020, le besoin de financement des régimes de retraite de complémentaire.

C'est ensuite que cela se corse, potentiellement. À partir de 2020, les projections financières varient selon les trajectoires retenues. Le scénario médian, dont les hypothèses (croissance de 1,5 % par an de la productivité du travail et taux de chômage de 7 %) sont qualifiées de «raisonnables et responsables» par Marisol Touraine, prévoit un retour dans le vert au milieu de la prochaine décennie. En revanche, si la croissance stagnait à 1 %, le système des retraites afficherait un déficit équivalent à 0,5 % du PIB en 2040. Un déséquilibre qui rendrait alors nécessaires de nouvelles réformes douloureuses: augmentation des cotisations, baisse des pensions, relèvement de l'âge de départ la retraite ou de la durée de cotisation.

«La situation représente une amélioration considérable par rapport aux années 1990 et aux craintes qu'avait suscité la crise de 2008: l'État a fait preuve d'une bonne réactivité», a toutefois tenu à rassurer la présidente du Comité de suivi, Yannick Moreau. Non sans suggérer à l'exécutif de ne pas se reposer sur ses lauriers et de «maintenant essayer d'être plus proactif». Elle appelle de ses vœux, notamment, un rapprochement des modes de calcul des différents régimes et une harmonisation des avantages familiaux et des pensions de réversion, afin de rendre plus lisible l'effort d'équité entre les régimes.

L'ex-présidente du COR préconise encore de revoir l'indexation des droits à la retraite afin de réduire la sensibilité du système aux variations de croissance et ainsi amortir le choc financier en cas de retournement de conjoncture. Une réforme qui permettrait aussi d'éviter, en cas de forte croissance pendant une dizaine d'années, une baisse plus brutale que ce qui est prévu aujourd'hui du taux de remplacement (pourcentage de son revenu d'activité conservé par un salarié lors de sa première année de retraite). À savoir faire passer le niveau de vie des retraités, en quarante ans, de 105 % à 85 % de celui des actifs.

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  • sibile il y a 5 mois

    toute la dette est dans la CADES, avec un trou de 140 milliards€

  • fbs013 il y a 5 mois

    Dire le contraire c'est avouer que le système est en faillite, et devoir en assumer les conséquences dès aujourd'hui. Il est plus simple de laisser gérer le problème plus tard aux successeurs, quand ils n'auront pas d'autre option que de dire : "désolé, on peut plus payer les retraites, les caisses sont vides". Rien ne presse pour annoncer les mauvaises nouvelles, et je serai heureux si ma retraite me permettra de vivre même chichement quand je la prendrai au dela de 70 ans..

  • olivie91 il y a 5 mois

    Bon bah vont pouvoir augmenter les retraites. Et puis de toute façon une seule caisse et des règles communes pour tout le monde. Récupération avec gestion de toutes les réserves à droite à gauche.

  • 300CH il y a 5 mois

    Suite: ça sera comme pour pour les comptes en Corrèze qu'il a laissé, la région la plus endettée de France ou comme pour la Charente Poitou, la pleurnicharde qui a laissé une dette de plus de 250 millions d'euros " les DEUX FONT LA PAIRE" surtout avec l'argent des autres, c leurs devises à la paire de bras cassés, "Portiques + Mistrals c déjà 2.4 Milliards d'euros et c pas fini

  • 300CH il y a 5 mois

    mdr, aahh oui !! c vrai c bientôt les élections, ils ont rien fait pour règle la situation, mais le maître CULBUTO il a une baguette magique, un peu comme pour c 50 milliards d'économie, c le grand fiasco et bien autres, vivement 2017, mais le suivant va avoir du boulot, surtout quand il va bien regarder les comptes, ça va être un désastre

  • M7943820 il y a 5 mois

    FOUTAISE