Avec Vivendi, la Fnac peut construire sa surenchère sur Darty

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    par Pascale Denis 
    PARIS, 12 avril (Reuters) - L'arrivée surprise du groupe 
Vivendi  VIV.PA  au capital de la Fnac  FNAC.PA  apporte au 
distributeur de produits culturels la flexibilité financière qui 
lui manquait pour bâtir sa surenchère sur Darty  DRTY.L . 
    Vivendi va prendre 15% du capital de la Fnac, à la faveur 
d'une augmentation de capital réservée de 159 millions d'euros, 
une opération doublée d'un partenariat stratégique entre les 
deux groupes.   
    Si plusieurs analystes s'interrogent sur la justification 
stratégique de cette opération pour Vivendi, certains estiment 
qu'elle devrait, en tout cas, permettre à la Fnac de boucler sa 
contre-offre sur Darty, alors que le calendrier s'accélère. 
    "Avec l'augmentation de capital réservée à Vivendi, tous les 
éléments sont réunis pour que la Fnac puisse faire sa 
surenchère", commente Steve Lévy, analyste de Natixis.     
    Car la Fnac, qui est parvenue à se redresser et à se 
désendetter, dispose de moyens financiers sans comparaison avec 
ceux du groupe sud-africain qui se propose de racheter Darty 
tout en cash pour 863,65 millions d'euros. 
    Steinhoff pèse quelque 20,0 milliards d'euros en Bourse 
alors que la capitalisation de la Fnac ressort à 1,01 milliard 
et que l'enseigne poursuit une stratégie de strict contrôle de 
sa trésorerie et de sa dette dans des marchés qui restent 
difficiles.    
    "En levant 160 millions d'euros, la Fnac peut boucler un 
tour de table avec des financements bancaires", estime un 
analyste. 
    Pour Natixis, Avec un endettement d'environ 650 à 750 
millions d'euros, elle porterait son ratio de dette nette sur 
Ebitda à environ 3,5 fois, "ce qui n'est pas irréaliste". 
       
    VISÉES DE VIVENDI 
    Alors que l'offre de Conforama a reçu le soutien du conseil 
d'administration de Darty et de son premier actionnaire, le 
gérant d'actifs Schroder Investment Management, la Fnac a une 
nouvelle fois demandé aux actionnaires de Darty de ne prendre 
"aucune décision" concernant leurs actions à court terme. 
    Les actionnaires de Darty ont jusqu'au 2 mai pour apporter 
leurs titres à l'offre de Steinhoff. 
    Certains s'interrogent toutefois sur les visées de Vivendi.  
    
    "La logique du deal est peu claire. La Fnac est peu présente 
sur les supports dématérialisés (téléchargements, streaming) et 
les synergies entre les contenus et la distribution de musique 
restent encore à prouver", soulignent ceux de Kepler Cheuvreux. 
    Leberum Capital évoque une logique "assez vieille école" 
tandis que pour CM-CIC cette opération "risque de réduire la 
lisibilité de la stratégie de Vivendi (...) qui multiplie les 
prises de participations (télécoms, jeux vidéos et maintenant 
distribution). 
    Cette opération intervient alors que Vivendi vient de 
racheter l'activité de télévision payant de Mediaset, qu'il a 
repris une part minoritaire chez Telecom Italia  TLIT.MI  et 
cherche à racheter les spécialistes des jeux vidéo Ubisoft 
 UBIP.PA  et Gameloft  GLFT.PA . 
    La Fnac et Vivendi évoquent pour leur part une future 
coopération dans la distribution de contenus culturels et dans 
la billetterie (Vivendi est propriétaire de Digitick), des 
offres de services à une base de clients élargie (entre les 
adhérents de la Fnac et les abonnés de Canal Plus) et une 
accélération du développement international de la Fnac, 
notamment en Afrique où Vincent Bolloré, président de Vivendi, 
est très présent. 
    A l'automne dernier, afin de mieux affronter la concurrence 
des spécialistes du e-commerce, Amazon  AMZN.O  en tête, Fnac 
avait proposé de racheter Darty pour 859 millions d'euros, pour 
l'essentiel par échange d'actions. 
    Mais ses ambitions se heurtent désormais à celles de 
Steinhoff.    
 
 (Edité par Jean-Michel Bélot) 
 

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