Avec Twitch, Amazon parie sur la diffusion de vidéos en direct

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SAN FRANCISCO/LOS ANGELES, 26 août (Reuters) - Avec l'acquisition du réseau social Twitch pour près d'un milliard de dollars, Amazon AMZN.O met la main sur le pionnier de la diffusion en streaming de parties de jeux vidéo, un segment en pleine croissance. Le groupe de Jeff Bezos a annoncé lundi le rachat pour 970 millions de dollars (732 millions d'euros) de Twitch, qui était également dans le viseur de Google GOOGL.O , confirmant ainsi sa volonté de ne plus se contenter de la distribution et de se diversifier dans la vidéo et les jeux en ligne. ID:nL5N0QV447 La société basée à Los Angeles et créée en 2011 permet de diffuser des parties de jeux vidéo en streaming, sans téléchargement et en direct, et la plateforme permet à ses utilisateurs d'échanger des commentaires, conseils et autres informations. En trois ans, Twitch est devenu le quatrième producteur de trafic sur internet aux Etats-Unis, devant Facebook et Hulu, selon le fonds Bessemer Ventures, l'un de ses soutiens. "C'est une audience captive et fidèle", a déclaré Adam Shlachter de l'agence de marketing DigitasLBi. "Là où vous avez des personnes partageant les mêmes centres d'intérêt, toutes réunies dans un même endroit, comme terrées autour de la même chose et participant aux mêmes expériences, cela offre un environnement vraiment unique pour des publicités ciblées". Le succès de la diffusion en continu s'explique notamment par son effet immédiat: les fans peuvent envoyer des messages à leurs personnalités préférées et obtenir une réponse lors de retransmissions en direct. Twitch et les plateformes de diffusion comme Livestream pourvoient également aux besoins d'un public de niche, notamment les amateurs de sports marginaux et de jeux vidéo qui ne sont pas retransmis par les principaux réseaux. Twitch a enregistré 55 millions de visiteurs uniques en juillet, un chiffre en hausse d'environ 45% sur un an. Cette croissance n'a pas manqué d'éveiller l'intérêt des annonceurs, qui y voient le moyen d'atteindre un public plus jeune qui délaisse la télévision. Selon le cabinet d'études eMarketer, les marques consacreront six milliards de dollars à la publicité vidéo digitale aux Etats-Unis en 2014. Les événements diffusés en direct sont particulièrement recherchés par les annonceurs dans la mesure où le public ne peut pas sauter les publicités. La majorité des milliers de diffuseurs de Twitch sont de simples joueurs. Certains drainent des centaines de milliers d'abonnés ("followers") et gagnent une part des revenus publicitaires. YouTube, filiale de Google, diffuse également certains événements en direct mais la majorité de ses vidéos sont enregistrées. Sur des plateformes diffusant en direct comme Twitch, les publicités apparaissent quand un utilisateur lance une vidéo ou quand les diffuseurs font une pause. "Interagir avec des célébrités et des artistes est une tendance forte", a déclaré Max Haot, directeur général de Livestream. AU-DELÀ DU JEU VIDÉO Twitch recrute actuellement du personnel spécialisé dans la commercialisation d'annonces programmées, vendues en temps réel, avait expliqué l'entreprise à Reuters en août. Cela permettra aux annonceurs de pouvoir insérer des publicités dans les vidéos de Twitch qui connaissent une hausse soudaine de leur audience. "Amazon possède sa propre régie publicitaire. Je pense que nos ventes de publicités s'intensifieront grâce à l'accès aux ressources d'Amazon", a déclaré le directeur général de Twitch, Emmett Shear. Ce modèle pourrait également s'appliquer aux concerts. La croissance fulgurante de Twitch propulse le format de la vidéo en direct au-delà du seul secteur des jeux vidéo et pousse les grands groupes de médias ainsi que les "stars" de YouTube à le tester. Discovery Communications DISCA.O propose déjà un rendez-vous mensuel sur Google+ Hangout avec des scientifiques de la Nasa et envisage de multiplier les événements interactifs diffusés en direct pour bâtir une relation "à deux" avec son audience, a déclaré Sean Atkins, vice-président de la division digitale chez Discovery. Tom Cote, co-présentateur de "Funny Stuff & Cheese", une série comique dont une centaine d'épisodes ont été diffusés en direct, a expliqué que le public appréciait le fait de pouvoir poser une question et d'obtenir une réponse en quelques minutes. Le format présente cependant son lot de défis. Il faut du temps pour trouver le bon rythme et parer aux défaillances techniques, a expliqué Tom Cote. De plus, avec le direct, pas de montage ni de deuxième prise. "Cela va se généraliser", a-t-il dit. "Aujourd'hui, je pense que les gens n'ont pas assez confiance pour diffuser en direct. C'est un instrument complètement différent de la vidéo traditionnelle." (Malathi Nayak et Lisa Richwine, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Véronique Tison)


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