Avec sa défense à cinq, Jardim a gagné son pari

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Pour la première fois de la saison, Leonardo Jardim avait décidé de titulariser cinq défenseurs face au PSG. Un pari incroyablement gagnant tant l'arrière-garde monégasque a paru proche de la rupture pendant 90 minutes.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU PARC DES PRINCES

A observer Jemerson jeter des regards à gauche et à droite comme s’il était perdu, à s’interroger sur l’alignement hasardeux quasi permanent de la défense monégasque, on pouvait craindre que le pari de Leonardo Jardim ne se transforme en beau raté tactique. Et pourtant, la défense à cinq alignée par le Portugais a tenu le choc, Danijel Subasic terminant la rencontre face au PSG avec une clean-sheet. Contrairement au 3-5-2 entraperçu sur les rares phases offensives de l’ASM, c’est bien un 5-3-2 qu’il fallait lire sur la feuille de match du côté de Monaco. Avec une défense centrale renforcée, composée de Jemerson, Carvalho et Raggi, et des couloirs occupés par Fabinho et Echiejilé.

Heureusement, Ricardo Carvalho était là…

Sans doute travaillée à l’entraînement, cette combinaison n’avait pas encore été mise à l’épreuve d’un match. Pire, elle n’avait pas encore été opposée au PSG et sa puissance offensive. C’est sans doute ce qui a donné cette impression de panique générale à chaque attaque parisienne en première période. Tellement concentrés sur leur alignement, les défenseurs monégasques oubliaient Cavani dès la quatrième minute de jeu, et il fallait une sortie décisive de Subasic pour empêcher un début de match cauchemardesque. Plusieurs fois dans les minutes qui suivirent, Ricardo Carvalho a dû enfiler les habits de patron d’une défense à la dérive (11 ballons gagnés sur 16 ballons joués, et 100% de passes réussies !), à l’instar de Jemerson, toujours à la limite.

Un système qui n’a pas empêché le PSG de se montrer dangereux

Basse, trop basse même (par moments, Toulalan et Bakayoko sont descendus si bas eux aussi qu’on croyait avoir affaire à une ligne de sept), la défense du club du Rocher n’a pas donné l’impression de gêner le PSG qui s’est procuré plusieurs situations dangereuses en première période. De la tête, Cavani et Ibrahimovic n’ont pas trouvé le cadre, tandis que Jemerson a contré une tentative de Di Maria qui prenait la direction de lucarne à la demi-heure de jeu. Toujours aussi proche de son but au retour des vestiaires, la défense monégasque a montré moins de signes de fébrilité, semblant s’acclimater à ce système inédit au fil des minutes.

Monaco jouait le nul et repart avec trois points

Tel le roseau de La Fontaine qui plie mais ne rompt pas, elle a quitté le Parc des Princes sans s’incliner une seule fois, mais sans doute dans un état de fatigue extrême. Et au final, avec ce pari osé mais réussi, Leonardo Jardim permet à Monaco de renouer avec la victoire après deux matchs nuls contre Caen (2-2) et Reims (2-2). Peut-être paradoxalement à l’issue du match où ses joueurs donnaient le moins l’impression de vouloir aller chercher les trois points. Pour la première fois de la saison, les hommes de Laurent Blanc ont buté sur un adversaire en mode « bétonnage ». Jusque-là, c’est en pressant très haut que Lyon et Marseille leur avait posé des problèmes. Un coup de poker qui donne à nouveau cinq points d’avance aux Asémistes sur Nice, et six sur Lyon. Un élément comptable que les Lyonnais n’avaient pas prévu dans leur course poursuite avec l’actuel dauphin du PSG…

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