Avec « Ma Loute », un vent de folie souffle sur Cannes

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Jean Reno dans «  Ma Loute »
Jean Reno dans «  Ma Loute »

Marmite mêlant mélo et burlesque, gore et polar, majesté des paysages et grotesque des personnages, le dernier film de Bruno Dumont est à la fois expérimental, cruel et fantaisiste.

Qui aurait parié, il y a trois ans, que Bruno Dumont deviendrait l’auteur de l’un des films les plus déglingués de l’histoire de la compétition cannoise ? Le nom du cinéaste originaire du Nord était encore synonyme d’austérité, de formalisme grandiose, de matérialisme mystique. Il n’avait pas encore réalisé P’tit Quinquin, la série policière comique portée en triomphe, en 2014, à la Quinzaine des réalisateurs, et dont le succès phénoménal sur Arte lui conféra un statut d’auteur populaire. Cette commande télévisuelle fut pour lui une manière de régénérer son art.

Le vent décoiffant du P’tit Quinquin a fait sauter les coutures de son cinéma, exploser les dogmes qu’il s’imposait à lui-même, et Ma Loute vient aujourd’hui amplifier ce mouvement. Converti au numérique, Dumont se lance dans un film en costumes, importe dans son écosystème d’acteurs non professionnels du nord, un quartet de vedettes du cinéma français : Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi et Jean-Luc Vincent.

Perchés en haut d’une colline, dans une improbable demeure d’inspiration égyptienne au pied de laquelle s’étendent les bans de sable de la baie de la Slack, ils forment le clan des Van Peteghem, famille bourgeoise incestueuse, violemment dégénérée, qu’ils interprètent comme des pantins grotesques, engoncés dans des costumes qui crissent à chacun de leur mouvement et dans une gangue d’afféteries ridicules – il faut voir Luchini chantonner d’une voix suraiguë, le sourire crispé, entortill...

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