Avec le traité européen, la droite tient sa botte face à Hollande

le
2
AVEC LE TRAITE EUROPÉEN, LA DROITE TIENT SA REVANCHE
AVEC LE TRAITE EUROPÉEN, LA DROITE TIENT SA REVANCHE

PARIS (Reuters) - La droite tient sa revanche : François Hollande devra s'appuyer sur l'opposition, contre une partie de sa majorité, afin d'obtenir la ratification du traité budgétaire européen, le "traité Sarkozy" pour une UMP prompte à dénoncer les "reniements" et "revirements" du président socialiste.

"Nous, à l'UMP, nous voterons le traité sans états d'âme", répète son secrétaire général Jean-François Copé. Sans états d'âme et avec un rictus de contentement, les élus ne s'en cachent pas.

L'occasion est trop belle pour la droite, qui n'espérait pas prendre l'avantage aussi tôt dans sa délicate cure d'opposition, brouillée par l'affrontement pour la présidence de l'UMP.

François Fillon et Jean-François Copé, concurrents pour la direction du parti néo-gaulliste, font ainsi cause commune sur le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), qui sera soumis à l'Assemblée à partir du 2 octobre.

"On a de grands points d'accord avec Fillon, comme la rigueur budgétaire", relève le secrétaire général de l'UMP, député-maire de Meaux. "Ce traité, c'est celui auquel on croit, qui permet de nous sauver de la crise", souligne François Fillon, aujourd'hui député de Paris.

Faire oublier ses propres dissensions en épinglant les divisions du camp adverse. La méthode est éprouvée mais porte dans l'opinion à en croire des députés UMP, qui se font l'écho de l'incompréhension de leurs administrés face à "une majorité de bric et de broc".

"LOGIQUE"

"Ce texte n'a pas changé d'une virgule", commentait mardi Jean-Christophe Lagarde, président du groupe centriste de l'Union des démocrates et indépendants (UDI). Un argumentaire conforme mot pour mot aux discours écologiste et communiste.

"Ceux qui avant l'élection (présidentielle) disaient qu'il n'était pas bon demandent aujourd'hui de l'adopter. Il y a ceux qui sont restés en cohérence, les Verts et le Front de gauche et une partie du PS, puis ceux qui ne sont pas cohérents", a dit le député de Seine-Saint-Denis. "Que M. Hollande se soit renié ne nous empêchera pas de le voter".

Hostile à un texte imposant une stricte discipline budgétaire à tous les pays membres de l'Union européenne, François Hollande avait réclamé sa renégociation durant la campagne présidentielle. Après son élection, il a finalement obtenu l'adjonction d'un "pacte de croissance".

"Je comprends que les supporters de M. Hollande s'y perdent un petit peu", a ironisé l'ancien Premier ministre Alain Juppé.

Christian Jacob, chef de file des députés UMP, opposait mardi la "logique" de la droite aux "incohérences" de l'exécutif socialiste dont il juge l'autorité remise en cause par le "non" des Verts au TSCG.

"Ce traité nous convenait sous Nicolas Sarkozy, le même traité avec François Hollande nous convient", a-t-il expliqué lors de son point de presse hebdomadaire.

"LA GAUCHE SAURA PRENDRE SES RESPONSABILITÉS"

Les écologistes, les élus du Front de gauche, les souverainistes du Mouvement républicain et citoyen (MRC), les deux députés du Front national ont annoncé qu'ils voteraient contre le texte, tandis qu'une partie de l'aile gauche du Parti socialiste s'interroge.

Une alliance objective avec l'UMP s'impose donc à François Hollande, épreuve de plus dans la zone de turbulences qu'il traverse. L'équation n'est toutefois pas nouvelle, un tel front commun fut notamment nécessaire à la ratification du traité de Maastricht en 1992.

Thierry Mandon, vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée, a assuré mardi que "plus de 95%" des députés PS se prononceraient en faveur du traité.

"Je suis sûr, mesdames et messieurs les députés de la droite, que toute la gauche saura prendra ses responsabilités", a lancé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault mardi à l'Assemblée.

L'unisson opportun de la droite souffrira aussi quelques discordances. Selon Christian Jacob, une dizaine de députés UMP voteront contre le traité. Lionnel Luca et Jacques Myard, tous deux membres de la Droite populaire, dénoncent dans le traité "un grave abandon de souveraineté".

"Cette dépossession des droits du Parlement n'a qu'un exemple dans l'histoire républicaine (...), celui du vote des pleins pouvoirs donnés au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940", estime le premier. "La purge budgétaire imposée par ce traité va aggraver de manière inéluctable la récession économique", ajoute le second.

Sophie Louet et Emile Picy, édité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M6920174 le mardi 25 sept 2012 à 17:58

    charleto tu parles d'une croissance , impossible avec avec la régle d'or . nous allons tout droit vers du moins .

  • charleco le mardi 25 sept 2012 à 17:55

    Il y a l'adjonction d'un pacte de croissance. Hollande n'avait pas dit autre chose, il est dans ses clous. Quelle polémique!

Partenaires Taux