Avec BG, Shell se remodèle et réduit encore ses coûts

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ROYAL DUTCH SHELL SE RESTRUCTURE
ROYAL DUTCH SHELL SE RESTRUCTURE

par Ron Bousso et Karolin Schaps

LONDRES (Reuters) - Royal Dutch Shell a annoncé mardi son intention de céder jusqu'à 10% de sa production de pétrole et de gaz, y compris en quittant cinq à dix pays où il est présent, afin de réduire ses coûts à la suite du rachat de BG Group pour 54 milliards de dollars (47,5 milliards d'euros).

Lors d'une présentation aux investisseurs, le groupe anglo-néerlandais a dit vouloir maintenir ses dépenses annuelles sous la barre des 30 milliards de dollars jusqu'à la fin de la décennie, tout en augmentant son estimation de synergies pour la porter à 4,5 milliards de dollars.

Shell, devenu avec le rachat de BG la deuxième compagnie pétrolière internationale derrière Exxon Mobil et le premier vendeur de gaz naturel liquéfié, espère que ces nouvelles réductions de coûts permettront de redresser son cours de Bourse qui a sous-performé depuis l'annonce en avril 2014 du projet d'acquisition de BG, une opération finalisée en février de cette année.

Ben van Beurden, le directeur général du groupe, a indiqué que l'accent serait mis dans l'immédiat sur des projets en eau profonde au Brésil et dans le Golfe du Mexique, ainsi que des projets pétrochimiques aux Etats-Unis et en Chine.

La production en eau profonde devrait ainsi doubler à 900.000 barils d'équivalent pétrole en 2020.

Shell a aussi entériné la construction d'une nouvelle usine de polyéthylène aux Etats-Unis, l'une des rares décisions d'investissement que le groupe prendra cette année dans le contexte de forte baisse des cours du brut depuis la mi-2014.

Sur le long terme, l'entreprise ciblera la production de pétrole de schiste et de gaz en Amérique du Nord et en Argentine ainsi que les énergies renouvelables, hydrogène, solaire et éolien.

Avec ces économies et les cessions d'actifs, Shell vise une rentabilité des capitaux employés de quelque 10% à la fin de la décennie, dans l'hypothèse d'un baril de brut à 60 dollars, à comparer à une moyenne de 8% entre 2013 et 2015.

Après l'acquisition de BG, Shell avait annoncé 12.500 suppressions de postes pour cette année dans le cadre de la rationalisation de ses activités, notamment en Australie, au Brésil et en mer du Nord.

Le groupe prévoit de céder pour 30 milliards de dollars d'actifs d'ici 2018 et de se retirer de cinq à 10 pays -- il n'a pas précisé lesquels -- afin de réduire son endettement qui a enflé avec le rachat de BG.

Il entend maintenir ses dépenses d'investissement sous les 30 milliards de dollars jusqu'à 2020 et a réduit une troisième fois son objectif pour 2016, à 29 milliards au lieu de 35 milliards.

L'intégration de BG doit permettre des économies allant jusqu'à 4,5 milliards de dollars d'ici 2018, une évaluation revue en hausse d'un milliard par rapport aux estimations précédentes.

"Notre stratégie doit conduire à un groupe resserré, avec des positions fondamentalement plus fortes et une intensité de capital fondamentalement moins élevée. Aujourd'hui, c'est une transformation de Shell que nous présentons", a déclaré van Beurden.

L'action gagne 2,6% à 1.745 pence à la Bourse de Londres vers 8h00 GMT.

"Ce sont des annonces positives dans l'ensemble et qui devraient permettre à Shell de rattraper une partie de son retard sur ses pairs", commente Biraj Borkhataria, analyste chez RBC Capital Markets qui est à "surperformance" sur la valeur.

(Véronique Tison pour le service français)

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