Avec BG, Shell se remodèle et réduit encore ses coûts

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    par Ron Bousso et Karolin Schaps 
    LONDRES, 7 juin (Reuters) - Royal Dutch Shell  RDSa.L  a 
annoncé mardi son intention de céder jusqu'à 10% de sa 
production de pétrole et de gaz, y compris en quittant cinq à 
dix pays où il est présent, afin de réduire ses coûts à la suite 
du rachat de BG Group pour 54 milliards de dollars (47,5 
milliards d'euros). 
    Lors d'une présentation aux investisseurs, le groupe 
anglo-néerlandais a dit vouloir maintenir ses dépenses annuelles 
sous la barre des 30 milliards de dollars jusqu'à la fin de la 
décennie, tout en augmentant son estimation de synergies pour la 
porter à 4,5 milliards de dollars. 
    Shell, devenu avec le rachat de BG la deuxième compagnie 
pétrolière internationale derrière Exxon Mobil  XOM.N  et le 
premier vendeur de gaz naturel liquéfié, espère que ces 
nouvelles réductions de coûts permettront de redresser son cours 
de Bourse qui a sous-performé depuis l'annonce en avril 2014 du 
projet d'acquisition de BG, une opération finalisée en février 
de cette année. 
    Ben van Beurden, le directeur général du groupe, a indiqué 
que l'accent serait mis dans l'immédiat sur des projets en eau 
profonde au Brésil et dans le Golfe du Mexique, ainsi que des 
projets pétrochimiques aux Etats-Unis et en Chine.  
    La production en eau profonde devrait ainsi doubler à 
900.000 barils d'équivalent pétrole en 2020. 
    Shell a aussi entériné la construction d'une nouvelle usine 
de polyéthylène aux Etats-Unis, l'une des rares décisions 
d'investissement que le groupe prendra cette année dans le 
contexte de forte baisse des cours du brut depuis la mi-2014. 
    Sur le long terme, l'entreprise ciblera la production de 
pétrole de schiste et de gaz en Amérique du Nord et en Argentine 
ainsi que les énergies renouvelables, hydrogène, solaire et 
éolien. 
    Avec ces économies et les cessions d'actifs, Shell vise une 
rentabilité des capitaux employés de quelque 10% à la fin de la 
décennie, dans l'hypothèse d'un baril de brut à 60 dollars, à 
comparer à une moyenne de 8% entre 2013 et 2015. 
    Après l'acquisition de BG, Shell avait annoncé 12.500 
suppressions de postes pour cette année dans le cadre de la 
rationalisation de ses activités, notamment en Australie, au 
Brésil et en mer du Nord. 
    Le groupe prévoit de céder pour 30 milliards de dollars 
d'actifs d'ici 2018 et de se retirer de cinq à 10 pays -- il n'a 
pas précisé lesquels -- afin de réduire son endettement qui a 
enflé avec le rachat de BG. 
    Il entend maintenir ses dépenses d'investissement sous les 
30 milliards de dollars jusqu'à 2020 et a réduit une troisième 
fois son objectif pour 2016, à 29 milliards au lieu de 35 
milliards. 
    L'intégration de BG doit permettre des économies allant 
jusqu'à 4,5 milliards de dollars d'ici 2018, une évaluation 
revue en hausse d'un milliard par rapport aux estimations 
précédentes.  
    "Notre stratégie doit conduire à un groupe resserré, avec 
des positions fondamentalement plus fortes et une intensité de 
capital fondamentalement moins élevée. Aujourd'hui, c'est une 
transformation de Shell que nous présentons", a déclaré van 
Beurden. 
    L'action gagne 2,6% à 1.745 pence à la Bourse de Londres 
vers 8h00 GMT. 
    "Ce sont des annonces positives dans l'ensemble et qui 
devraient permettre à Shell de rattraper une partie de son 
retard sur ses pairs", commente Biraj Borkhataria, analyste chez 
RBC Capital Markets qui est à "surperformance" sur la valeur. 
 
 (Véronique Tison pour le service français) 
 

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