Avant sa messe à la frontière US-Mexique, le pape fustige les esclavagistes

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 (Actualisé avec discours devant des chefs d'entreprise et des 
syndicalistes) 
    CIUDAD JUAREZ, Mexique, 17 février (Reuters) - Le pape 
François célèbre mercredi, au dernier jour de son voyage 
apostolique au Mexique, une messe à Ciudad Juarez, à la 
frontière des Etats-Unis, point de passage pour les migrants où 
la violence liée au trafic de drogue a fait pendant des années 
des milliers de morts. 
    Il priera pour les migrants qui sont prêts à risquer leur 
vie et les pires violences pour gagner les Etats-Unis. 
    Les candidats à l'investiture républicaine pour l'élection 
présidentielle américaine de novembre ont fait de la lutte 
contre l'immigration illégale l'un de leurs principaux thèmes de 
campagne. 
    L'homme d'affaires Donald Trump, notamment, a accusé le 
Mexique de "tuer" les Etats-Unis avec sa main d'oeuvre à bon 
marché et l'envoi sur le territoire américain "de criminels, 
trafiquants de drogue et autres violeurs".  
    La semaine dernière, Donald Trump a présenté le pape comme 
quelqu'un de "très politique", suggérant que le gouvernement 
mexicain l'avait convaincu de célébrer cette messe 
"transfrontalière" à Ciudad Juarez. 
    "Laisser entendre que le pape est un instrument du 
gouvernement mexicain, non... C'est vraiment très étrange", a 
répondu le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, peu 
avant l'arrivée du pape dans la ville-frontière. 
    "Le pape parle toujours des problèmes liés à l'immigration. 
Si M. Trump venait en Europe, il se rendrait compte que le pape, 
sur l'immigration, tient le même langage à tous, Italiens, 
Allemands, Français ou Hongrois..." 
    Le chef de l'Eglise catholique se rendra devant la clôture 
qui sépare le Mexique des Etats-Unis et célébrera la messe à 
seulement 70 mètres de la frontière. 
    Quelques heures avant l'événement, il s'est livré à une 
sévère critique du capitalisme devant des chefs d'entreprises et 
des représentants syndicaux de Ciudad Juarez, ville industrielle 
qui fait face à El Paso, côté texan.  
    "Les flux de capitaux ne peuvent décider des flux de 
population", a déclaré François, dénonçant "la mentalité 
dominante qui cherche le profit maximum, immédiat et à n'importe 
quel prix" ainsi que "l'exploitation des employés considérés 
comme des objets qu'on jette après usage". 
    "Les esclavagistes d'aujourd'hui auront des comptes à rendre 
à Dieu", a-t-il ajouté.  
    Le pape, qui a entamé sa visite vendredi, quittera le 
Mexique dans la soirée pour regagner Rome. 
 
 (Philip Pullella et Gabriel Stargardter, avec Lizbeth Diaz; Guy 
Kerivel et Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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