AVANT-PAPIER-USA-Des résultats bancaires attendus sans relief au T1

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    par Olivia Oran, Sinead Carew et Chuck Mikolajczak 
    10 avril (Reuters) - Les grandes banques américaines 
devraient faire état à partir de cette semaine de résultats du 
premier trimestre sans relief, préviennent des analystes.  
    Ils estiment que le rally des valeurs bancaires, alimenté 
par les promesses du président Donald Trump d'assouplir la 
réglementation et de soutenir l'économie par une relance 
budgétaire massive, risque d'en faire les frais à Wall Street. 
    Le récent ralentissement de la croissance des crédits, liée 
en partie à la remontée des taux d'intérêt, qui a dissuadé les 
ménages comme les entreprises de refinancer leurs prêts en 
cours, est un motif de préoccupation particulier.  
    L'encours des prêts consentis par le secteur bancaire 
américain a reculé au mois de février pour la première fois en 
plus de trois ans, selon des données de la Réserve fédérale. Les 
prêts ont légèrement reculé sur le premier trimestre dans son 
ensemble.  
    Ce ralentissement, qui a surpris les analystes comme les 
investisseurs, est imputable non seulement à un recul des 
refinancements hypothécaires et des prêts aux entreprises mais 
aussi aux incertitudes entourant la politique économique et les 
perspectives de croissance de l'activité.  
    "Les chiffres sur le crédit ne cadrent pas avec la tonalité 
optimiste émanant des banques", a dit Patrick Kaser, gérant chez 
Brandywine Global.  
    La Fed a relevé son principal taux directeur d'un quart de 
point en mars, pour la deuxième fois en trois mois. La remontée 
des taux à court terme s'est toutefois accompagnée d'une baisse 
des taux à long terme, entraînant un aplatissement de la courbe 
des taux, ce qui réduit les marges d'intérêt des banques et pèse 
sur leurs résultats.  
    JPMorgan Chase &Co  JPM.N , Citigroup  C.N  et Wells Fargo 
 WFC.N  lanceront la saison des publications trimestrielles 
bancaires jeudi, suivies la semaine prochaine par Bank of 
Amercia  BAC.N , Goldman Sachs  GS.N  et Morgan Stanley  MS.N . 
    Les analystes de Wall Street s'attendent en moyenne à ce que 
les six plus grandes banques américaines fassent état de 
bénéfices nets en hausse de 4,7% par rapport à la même période 
un an auparavant, selon des données de Reuters.  
     
    EFFET DE BASE FAVORABLE 
    Cette progression attendue tient compte d'un effet de base a 
priori favorable, le premier trimestre 2016 ayant été 
particulièrement médiocre du fait d'activités de marché et de 
crédit en berne sur fond de craintes de rechute de l'économie 
mondiale en récession.  
    Plusieurs analystes ont toutefois revu leurs attentes à la 
baisse au cours des dernières semaines en arguant du 
ralentissement du crédit et du fort recul des activités de 
marché sur actions dans lesquelles les commissions sont sous 
pression en raison de l'évolution du cadre réglementaire et du 
recul des actifs des gérants discrétionnaires. 
    Un moins grand nombre d'opérations de fusions-acquisitions 
se traduira aussi par une baisse des revenus des activités de 
banque d'investissement. Au total, les facteurs négatifs 
devraient l'emporter sur les améliorations attendues dans des 
activités comme le trading obligataire ou la gestion privée.  
    Glenn Schorr, analyste bancaire d'Evercore ISI, a qualifié 
le trimestre "d'acceptable" mais en ajoutant que ce ne serait 
"certainement pas le trimestre de folie que tout le monde 
espérait." 
    Les grandes banques sont à la peine pour dégager un 
rendement des fonds propres convenable depuis des années. Elles 
ont aussi dû consacrer des milliards de dollars ces dernières 
années au règlement de litiges et à la mise en conformité aux 
nouvelles réglementations adoptées après la crise financière de 
2008. Elles se sont aussi lancées dans d'ambitieux programmes de 
réduction de leurs coûts et de développement.  
    Avec l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche et un 
Congrès jugé plus favorable aux milieux d'affaires, les 
investisseurs espéraient un assouplissement de la réglementation 
et une accélération de la croissance.  
    Les valeurs bancaires ont été les premières bénéficiaires du 
"Trump trade", cette hausse des marchés alimentée par les 
anticipations d'une embellie de l'économie américaine avec 
l'espoir d'une mise en oeuvre rapide des promesses du nouveau 
président.  
    L'indice KBW des banques  .BKX  a progressé de 32% entre le 
7 novembre, veille de l'élection du candidat républicain, et son 
pic du 1er mars. Les valeurs bancaires ont aussi été l'un des 
principaux moteurs de la hausse des grands indices de Wall 
Street.  
    Elles ont depuis perdu de leur lustre, cédant 6% le mois 
dernier alors que Wall Street restait stable dans l'ensemble.  
    L'incapacité, voire l'opposition, du Congrès à adopter des 
réformes promises par Trump et considérées comme plus urgentes 
que la déréglementation bancaire et les incertitudes sur la 
politique commerciale, fiscale et budgétaire de la nouvelle 
administration pourraient peser sur la croissance à moyen terme, 
estiment des analystes.  
    "Les attentes étaient élevées en début d'année et si le 
premier trimestre n'est certainement pas un mauvais trimestre, 
les revenus sont probablement moins soutenus que ce que les 
mouvements de marché auraient impliqué", a dit David Konrad, 
analyste de Macquarie.  
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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