AVANT-PAPIER-USA 2016-Clinton espère en finir avec des primaires éprouvantes

le
0
    * Clinton devrait obtenir le nombre de délégués nécessaires 
    * Sanders en mesure de l'emporter en Californie 
    * Il peut se présenter en position de force à la convention 
    * Hillary Clinton est une candidate affaiblie, selon Trump 
 
    par James Oliphant 
    LOS ANGELES, 6 juin (Reuters) - Hillary Clinton espère en 
finir mardi avec une éprouvante et interminable campagne des 
primaires et obtenir le nombre de délégués nécessaires pour 
décrocher cet été l'investiture du Parti démocrate à l'élection 
présidentielle américaine du 8 novembre. 
    Six Etats sont en jeu lors de ce dernier grand rendez-vous: 
le Montana, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le 
Nouveau-Mexique, le New Jersey et surtout la Californie, sur 
laquelle se concentrent toutes les attentions. 
    A priori, l'ancienne secrétaire d'Etat devrait franchir la 
barre des 2.383 délégués qui lui permettront d'être investie 
candidate à la présidentielle lors de la convention nationale 
démocrate qui se tiendra du 25 au 28 juillet à Philadelphie. 
    Hillary Clinton n'a plus besoin que de 26 délégués pour 
atteindre le nombre requis (en comptant les super-délégués) et 
cet objectif devrait être logiquement atteint puisque 
l'attribution de ces grands électeurs s'effectue à la 
proportionnelle. Une ultime primaire est prévue le 14 juin dans 
le District of Columbia mais les jeux seront faits à ce 
moment-là. 
    Mais si elle va enfin pouvoir pousser un soupir de 
soulagement, elle ne sort pas renforcée de ce processus de 
sélection, principalement en raison de la résistance que lui a 
opposée son adversaire, Bernie Sanders. 
    L'équipe de campagne de Clinton espère obtenir la victoire 
dans le New Jersey car cela lui permettrait de sceller sa 
désignation avant que soient connues les résultats en 
Californie. 
    Le plus peuplé et le plus puissant des Etats de l'Union est 
loin d'être acquis à la candidate et un succès de Sanders sur la 
côte Ouest n'apparaît plus comme un mirage. Longtemps distancé 
dans les intentions de vote, le sénateur du Vermont a comblé son 
retard au cours des dernières semaines et un sondage de 
l'Université de Californie du Sud et du Los Angeles Times publié 
vendredi le crédite d'une courte avance dans les intentions de 
vote, avec 44% contre 43% pour sa rivale. 
    Un tel scénario ne remettrait pas en cause la désignation de 
Clinton mais constituerait une nouvelle contrariété dans une 
campagne qui a souvent été frustrante pour elle face à un 
adversaire qui s'est montré obstiné et plus coriace que prévu. 
    Une victoire de Bernie Sanders en Californie aurait pour 
effet de galvaniser ses partisans et le sénateur se présenterait 
en position de force lors de la convention de juillet. Cela 
signifierait que Clinton aurait avant tout obtenu sa désignation 
grâce au soutien des "super délégués", incarnation de l'appareil 
du parti dont le mandat est libre et qui peuvent soutenir le 
candidat qu'ils souhaitent. 
    Une défaite de Clinton en Californie serait également de 
mauvais augure pour l'élection de novembre. Selon un recensement 
des services de l'état civil, 18 millions de personnes se sont 
inscrites sur les listes électorales, un nombre sans précédent, 
dont 650.000 au cours des six dernières semaines. Trois quarts 
de ces nouveaux électeurs sont démocrates. 
     
    CANDIDATE AFFAIBLIE 
    Une défaite confirmerait qu'Hillary Clinton est une 
candidate affaiblie comme l'affirme le candidat républicain 
présumé Donald Trump, jamais avare d'une pique à l'adresse de 
ses adversaires. 
    "Clinton aimerait se rendre à la convention avec le vent en 
poupe et effacer cette impression qu'elle ne galvanise pas les 
électeurs démocrates", explique Rodell Mollineau, stratège 
politique démocrate à Washington. 
    Une victoire - surtout si elle est nette et incontestable - 
de Sanders en Californie constituerait pour lui un formidable 
tremplin vers le rendez-vous de Philadelphie car elle 
justifierait sa stratégie jusqu'au-boutiste et la nécessité de 
proposer à l'électorat démocrate un discours plus ancré à 
gauche. 
    Cela lui offrirait un puissant levier pour peser sur la 
politique d'Hillary Clinton dans le cas où elle remporterait la 
présidentielle et d'influencer ses choix dans la désignation des 
différents membres du gouvernement. 
    "Le jeu auquel il joue consiste à arracher le plus de 
concessions possibles au parti et à l'équipe Clinton", précise 
Rodell Mollineau. 
    Malgré une campagne difficile, Clinton peut se consoler en 
lisant les derniers sondages nationaux dont un récent 
Reuters/Ipsos qui la crédite de onze points d'avance sur Trump 
(46-35) alors que l'écart était inférieur à quatre points il y a 
dix jours. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les primaires:   
    Le TABLEAU des primaires:           
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant