AVANT-PAPIER-Une semaine après la levée des sanctions, Rohani à Rome puis à Paris

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    * Premier déplacement à l'étranger du président iranien 
depuis la levée des sanctions 
    * Rohani sera lundi et mardi à Rome, mercredi et jeudi en 
France 
    * Aucun contrat majeur ne devrait être signé mais sa venue 
devrait permettre d'aplanir les sujets de contentieux 
 
    par Crispian Balmer et John Irish 
    ROME/PARIS, 24 janvier (Reuters) - Le président iranien 
Hassan est attendu cette semaine en Italie puis en France pour 
poser les bases d'un retour de son pays dans le commerce 
international après la levée des sanctions financières liées à 
son programme nucléaire. 
    Pragmatique élu en 2013 sur la promesse de réduire 
l'isolement de l'Iran et de ses 80 millions d'habitants, Rohani 
a su négocier avec les puissances mondiales un accord qui a 
abouti il y a une semaine à la fin des mesures de représailles 
qui pénalisaient la puissance régionale chiite. (voir 
 ID:nL8N15104U ) 
    Pour son premier déplacement à l'étranger depuis ce qu'il a 
qualifié de "page en or dans l'histoire de l'Iran", il emmène 
avec lui une délégation de 120 personnalités dont de nombreux 
représentants du monde des affaires. 
    A Paris et Rome, des responsables gouvernementaux disent ne 
pas s'attendre à la signature d'accords majeurs durant cette 
visite. Pas tout de suite. Le président iranien lui-même a 
évoqué le "long chemin" qui reste à parcourir avant la 
réintégration de l'Iran dans l'économie mondiale. 
    Mais la République islamique n'a pas tardé à exposer ses 
ambitions. Dimanche, lors d'un sommet aéronautique qui se tenait 
à Téhéran, les autorités iraniennes ont confirmé qu'elles 
prévoyaient l'achat de 114 avions Airbus auxquels pourraient 
s'ajouter une centaine de Boeing. (voir  ID:nL8N15806Z ) 
     
    LA QUESTION SYRIENNE 
    La levée des sanctions consacre aussi le retour de la 
diplomatie iranienne au premier plan -- retour redouté par 
l'Arabie saoudite sunnite -- au moment où un difficile processus 
politique sur la Syrie tente de se mettre en place sous l'égide 
des Nations unies. 
    Des discussions, les premières en deux ans, sont censées 
s'ouvrir dans les prochains jours à Genève entre des 
représentants du régime de Bachar al Assad et de l'opposition. 
    Téhéran est avec Moscou le principal allié du président 
syrien; les pays européens, France en tête, soutiennent pour 
leur part ses opposants, principalement sunnites. 
    "C'est une visite très importante", relève un haut 
responsable iranien. "Il est temps de tourner la page et 
d'ouvrir la porte à une coopération entre nos pays dans 
différents domaines." 
     
    PARIS VEUT "OUVRIR UNE NOUVELLE PAGE" 
    La venue de Rohani en France, la première d'un président 
iranien depuis Mohammad Khatami en 1999, fournira la possibilité 
d'aplanir des relations particulièrement difficiles. 
    Au fil des négociations qui ont précédé l'accord conclu en 
juillet dernier à Vienne sur le nucléaire iranien, Paris est 
apparu en "faucon" parmi les puissances du P5+1 (les cinq 
membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu + 
l'Allemagne). La France n'a pas été avare non plus en 
condamnations du soutien apporté par l'Iran à Assad ou des 
interventions de la puissance chiite au Moyen-Orient. 
    "La confiance doit être bâtie. C'est comme l'amour. Seules 
comptent les preuves d'amour", avance un diplomate français de 
haut rang. 
    "Sur l'accord nucléaire, l'heure est à la détente, mais pas 
sur d'autres sujets. Il n'y a pour l'heure aucun changement dans 
la position iranienne sur un certain nombre de questions 
régionales, l'enjeu est donc d'ouvrir une nouvelle page", 
ajoute-t-il. 
    En septembre, une délégation économique de haut rang 
conduite par Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, et 
Matthias Fekl, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, a fait 
le voyage de Téhéran. Quelque 130 entreprises y ont pris part, 
présentes dans des secteurs aussi divers que l'agriculture, le 
BTP ou le tourisme. La compagnie pétrolière Total, l'avionneur 
Airbus ou le constructeur automobile Peugeot étaient également 
représentés. (voir  ID:nL5N11P09C ) 
    "Nous sommes loin de la période où tout le monde disait que 
nous souffririons économiquement de notre position sur le 
dossier nucléaire", se félicite un autre diplomate français. "Il 
y aura des accords et des progrès sur des accords", ajoute-t-il 
même s'il a le sentiment que certaines entreprises sont 
prudentes. 
    Le président iranien est attendu mercredi en France. Il sera 
reçu le lendemain par François Hollande. 
     
    AUDIENCE AU VATICAN 
    En Italie, où il arrivera dès lundi, les contraintes 
diplomatiques ne sont pas les mêmes. Rome, dont les relations 
économiques avec l'Iran sont traditionnellement fortes, n'a pas 
participé aux discussions sur le nucléaire. 
    L'agence de crédit à l'exportation SACE prévoit que les 
exportations italiennes vers l'Iran pourraient augmenter de 
l'ordre de trois milliards d'euros sur la période 2015-2018. 
L'an dernier, l'Italie a exporté au total 1,56 milliard d'euros 
vers l'Iran. 
    Mais comme en France, une source industrielle note qu'aucun 
accord majeur n'est attendu à la signature lors de la venue du 
président iranien. 
    Après des entretiens avec le président du Conseil Matteo 
Renzi et des chefs d'entreprise, Rohani sera reçu mardi au 
Vatican par le pape François, chef de l'Eglise catholique. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 

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