AVANT-PAPIER-UE-Hollande veut juger les demandes de Cameron sur pièces

le , mis à jour à 11:28
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* David Cameron fait la tournée des capitales de l'UE * Paris se veut pragmatique face aux demandes britanniques * La renégociation des traités, ligne rouge pour la France par Julien Ponthus PARIS, 27 mai (Reuters) - François Hollande et David Cameron tenteront jeudi de poser les bases d'une négociation sur la réforme de l'Union européenne que le Premier ministre britannique veut obtenir avant le référendum sur le maintien de son pays dans l'UE prévu d'ici fin 2017. Le dirigeant conservateur, qui est invité à dîner à l'Elysée, a entamé une tournée des capitales européennes pour sonder ses partenaires, échaudés par sa volonté de renégocier les traités européens, une ligne rouge pour Paris et Berlin. La diplomatie française s'efforce pour l'heure d'afficher une position pragmatique et sa bonne volonté à négocier à condition d'éviter toute réforme institutionnelle après l'échec traumatisant de la Constitution européenne en 2005. "On attend de voir ses propositions", explique l'entourage du chef de l'Etat où l'on se refuse, officiellement, à anticiper une confrontation avec Londres avant de pouvoir juger sur pièces les intentions de David Cameron. "Il faut d'abord discuter du fond", renchérit un diplomate français, pour qui il s'agit dans un premier temps d'analyser quelles mesures précises les Britanniques souhaitent obtenir avant de se pencher sur la manière dont elles pourraient se traduire juridiquement. Le but de ces premières consultations, pour Paris, est de parvenir à engager rapidement un dialogue en évitant de buter d'entrée de jeu sur la ligne rouge d'une renégociation des traités. "UN MUR D'AMOUR" David Cameron a admis après de premières consultations lors du sommet du "Partenariat oriental" le 22 mai à Riga, qu'il n'avait pas reçu "un mur d'amour" de la part de ses homologues européens et qu'il s'attendait à des négociations difficiles. Conforté par sa victoire électorale du 7 mai, il a répété qu'il souhaitait que le Royaume-Uni demeure au sein d'une Union européenne réformée mais n'a pas exclu de faire campagne pour une sortie de l'Union si ses demandes étaient ignorées. Londres a déjà obtenu de rester en dehors de la zone euro et de l'espace Schengen mais David Cameron veut aller plus loin et a promis à ses électeurs de limiter l'immigration des citoyens européens et leur accès à certaines prestations sociales. La mise en oeuvre de cette promesse pourrait remettre en cause le principe de libre circulation en Europe, ce dont ne veulent pas entendre parler les autres capitales européennes. Pour Paris, sur ce sujet comme sur d'autres, il existe des possibilités d'avancer dans le cadre actuel de l'Union. La volonté de David Cameron de lutter contre les fraudes aux prestations sociales est possible dans le cadre de l'Union, a estimé dans un entretien accordé à Reuters le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Harlem Désir. ID:nL5N0Y62C8 Pour un diplomate français, la volonté du Premier ministre britannique d'en finir avec le concept d'une "union sans cesse plus étroite", pourrait aussi être satisfaite par l'octroi de garanties autres qu'un nouveau traité sur la spécificité de la Grande-Bretagne au sein de l'Union. Reste qu'au moment où Paris et Berlin viennent de transmettre un texte commun pour préparer le renforcement de l'Union économique et monétaire, le Royaume-Uni prend le risque d'un isolement diplomatique en restant à l'écart. Des diplomates redoutent aussi un scénario dans lequel David Cameron, se trompant dans son analyse des rapports de force dans l'UE, s'arc-bouterait sur des demandes inacceptables pour ses homologues et radicaliserait son opinion publique. (Edité par Yves Clarisse)

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  • M940878 le mercredi 27 mai 2015 à 12:32

    Hollande 'veut juger' ? trop drôle !!