AVANT-PAPIER-"Stress tests"-Pas trop d'inquiétude pour les banques françaises

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par Matthias Blamont PARIS, 21 octobre (Reuters) - Les banques françaises s'apprêtent à tourner une page de leur histoire à quelques jours de la prise en charge par la Banque centrale européenne de la supervision des grands établissements de la zone euro et de la publication d'examens présentés comme les plus importants jamais réalisés pour évaluer leur état de santé. La BCE et les banques centrales nationales publieront dimanche 26 octobre à midi (11h00 GMT) les résultats d'une vaste "revue de la qualité des actifs" (AQR) destinée à mesurer l'exposition des banques européennes à une série de risques et ceux de "tests de résistance" (stress tests) menés pour déterminer leur capacité à encaisser des chocs. Mardi 4 novembre, la BCE deviendra officiellement le régulateur direct des 130 plus grandes banques de la zone euro, une étape majeure dans l'histoire de la monnaie unique et de l'Union bancaire décidée pour renforcer la confiance et la stabilité du secteur financier après le déclenchement en 2011 de la crise des dettes souveraines. La Banque d'Angleterre soumet de son côté les banques britanniques à ses propres tests afin de quantifier l'impact de la baisse des prix immobiliers outre-Manche dont elle publiera les conclusions le 16 décembre. Sauf surprise, les principales banques hexagonales devraient figurer parmi les établissements solides de la zone euro. "Les actifs (en France) restent de bonne qualité. Les banques y sont bien capitalisées et bénéficient d'économies d'échelle grâce à la consolidation déjà intervenue dans le secteur", soulignent les analystes de Royal Bank of Scotland qui entrevoient des difficultés pour certains établissements en Autriche, au Royaume-Uni, en Grèce, au Portugal, en Italie et même en Allemagne où des établissements régionaux pourraient afficher un déficit de fonds propres. CENTRAL OU STRESSE ? "C'est la première fois qu'une revue de la qualité des actifs est menée parallèlement à des tests de résistance", a fait valoir mardi Robert Ophèle, sous-gouverneur de la banque de France, selon qui jusqu'à 800 agents ont été mobilisés sur le territoire pour vérifier les bilans de 13 grandes banques suivantes dont les actifs représentent à eux seuls 95% du secteur français: BNP Paribas BNPP.PA , Société générale SOGN.PA , Crédit agricole CAGR.PA , BPCE BPCE.UL CNAT.PA , la Banque postale, LCH Clearnet, Banque PSA Finance (groupe PSA PEUP.PA ), RCI Banque ( RENA.PA ), Caisse de refinancement de l'habitat, Crédit mutuel, HSBC France ( HSBA.L ), BPI France et Société de financement local. Les régulateurs ont sélectionné les parties à risque des bilans et se sont employés à utiliser des définitions harmonisées (prêts non performants, critères d'impayés, modes de provisionnement, évaluation des collatéraux,) de manière à garantir aux investisseurs une méthodologie unique. Pour les tests de résistance, la BCE et l'Autorité bancaire européenne (EBA) ont défini deux scénarios. Le premier, dit "central", est fondé sur les prévisions économiques faites en début d'année par la Commission européenne pour la période 2014-2015, prévisions étendues par la BCE à l'année 2016. Elles ont été revues en baisse depuis. Le second, dit "stressé", intègre des risques souverains, de crédit et de marché ainsi que de possibles aléas liés aux produits de titrisation, au coût de financement et à l'évolution des taux. A titre d'exemple, ce second scénario retient pour la France une diminution du produit intérieur brut de 1,1% en 2015, un taux de chômage de 11,6% et un taux d'inflation de 0,7%. Les établissements concernés devront être en mesure d'afficher un ratio de solvabilité "common equity tier one" (CET 1) de 8% au minimum dans le cadre du scénario central et de 5,5% dans celui du scénario stressé. Les banques qui échoueraient aux stress tests auront 15 jours pour présenter un plan de recapitalisation. Elles disposeront ensuite de neuf mois pour le mettre en place dans le cadre du scénario extrême et de six mois dans celui du scénario de base. Les régulateurs se sont toutefois basés sur un arrêté des comptes à fin 2013 or plusieurs banques ont émis des obligations depuis le 1er janvier - environ 45 milliards d'euros depuis le début de l'année, selon des données Thomson Reuters -, un élément que la BCE devrait prendre en considération. Banca Monte dei Paschi di Siena BMPS.MI , la troisième banque italienne dont le cours de Bourse a touché le 16 octobre un plus bas historique en raison d'inquiétudes liées à sa solidité financière, a levé cinq milliards d'euros en juin. Grâce à ces deux exercices conjoints, la BCE, l'EBA et les gouvernements veulent croire à un redémarrage du crédit aux entreprises et aux particuliers, élément jugé essentiel à une reprise durable de l'économie au moment même où les marchés s'inquiètent à nouveau des perspectives économiques en Europe. En 2010 et 2011, deux séries de stress tests avaient été jugées peu crédibles par les marchés. La BCE entend désormais conduire l'exercice chaque année. Voir aussi: * Le "comprehensive assessment" de l'AQR et des stress tests (en Français) : http://bit.ly/1whPxiY * La volatilité nourrit l'anxiété au sujet des tests bancaires ID:nL6N0SC4XQ (Avec Maya Nikolaeva, Leigh Thomas, édité par Jean-Michel Bélot)


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