AVANT-PAPIER-Sassou-Nguesso brigue un nouveau mandat au Congo-Brazzaville

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    par Aaron Ross et Christian Elion 
    BRAZZAVILLE, 18 mars (Reuters) - Le chef de l'Etat sortant, 
Denis Sassou-Nguesso, brigue un troisième mandat consécutif lors 
de l'élection présidentielle de dimanche en République du Congo 
et peut se représenter grâce à une réforme controversée de la 
Constitution adoptée par référendum en octobre dernier. 
    Grand favori, Denis Sassou-Nguesso, 72 ans, a dirigé le 
Congo de 1979 à 1992, année où il a été battu à la 
présidentielle par Pascal Lissouba. Il est revenu au pouvoir 
cinq ans plus tard au terme d'une guerre civile et a remporté 
les scrutins présidentiels de 2002 et de 2009. 
    Ses partisans, qui veulent le reconduire pour cinq ans à la 
tête de l'Etat, affirment que grâce à lui le Congo-Brazzaville a 
pu retrouver la stabilité et développer ses infrastructures. "Il 
nous a apporté la paix. S'il s'en va, qui va terminer le travail 
?", se demandent-ils. 
    Les adversaires du président sortant jugent pour leur part 
que la richesse pétrolière du pays n'a profité qu'à une petite 
élite. La moitié de la population totale du pays (4,5 millions 
d'habitants) vit dans la pauvreté. 
    Denis Sassou-Nguesso aura huit adversaires en face de lui, 
dont cinq ont conclu un accord de retrait au second tour en 
faveur du premier arrivé, au cas où le président sortant serait 
mis en ballottage dimanche.  
    Parmi les candidats figure le général en retraite Jean-Marie 
Mokoko, ancien conseiller à la sécurité de Sassou-Nguesso.  
    Pour de nombreux observateurs, la victoire du président 
sortant est plus que probable. 
     
    "RÉSULTAT DÉJÀ CONNU"  
    "Il va utiliser l'appareil d'Etat", dit Joe Washington, 
président de la Fondation Ebina, un groupe d'opposition à 
Brazzaville. "Le résultat de l'élection est déjà connu", 
ajoute-t-il. 
    Lors du référendum d'octobre, la réforme constitutionnelle a 
été approuvée par plus de 92% des voix, avec une participation 
de 72%, selon la commission électorale, et cela malgré le 
boycott du scrutin par l'opposition.   
    L'Union européenne a décidé de ne pas envoyer d'observateurs 
dimanche dans les bureaux de vote. 
    Les compagnies pétrolières française Total  TOTF.PA , 
italienne ENI  ENI.MI , américaine Chevron  CVX.N  et Tullow 
 TLW.L , enregistrée à Londres, sont présentes au 
Congo-Brazzaville. 
    "Les puissances occidentales sont restées relativement 
discrètes sur les aspirations de Sassou à briguer un troisième 
mandat, en raison notamment de leurs intérêts économiques au 
Congo", explique Christoph Wille, analyste à Control Risks. 
    Pourtant, une victoire de Sassou-Nguesso n'est pas une 
garantie de stabilité sociale. 
    Les forces de sécurité ont tué au moins 18 manifestants 
avant le référendum d'octobre. A Bacongo, un quartier du sud de 
Brazzaville où l'opposition est très présente, des habitants ont 
promis de redescendre dans la rue en cas de réélection du 
président. 
 
 (Avec Emma Farge à Dakar; Guy Kerivel pour le service français) 
 

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