AVANT-PAPIER-Sarkozy, snobé par ses rivaux, réunit un conclave pour 2017

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    * Le Conseil national de "LR" se réunit ce week-end 
    * Juppé, Fillon, Le Maire en service minimum 
    * Un débat sur le projet plombé par la primaire 
 
    par Sophie Louet 
    PARIS, 12 février (Reuters) - Les Républicains se réunissent 
samedi et dimanche à l'initiative de Nicolas Sarkozy pour 
débattre de leur ligne à 14 mois de la présidentielle, un 
faux-semblant démocratique qui masquera difficilement les 
fractures de la primaire, crûment ravivées par la controverse 
sur la révision constitutionnelle. 
    Un "coup pour rien", sauf à faciliter une démonstration de 
force de Nicolas Sarkozy face à un Alain Juppé au zénith dans 
les sondages, estiment des élus du parti après le camouflet 
infligé à l'ancien président sur l'extension de la déchéance de 
nationalité, rejetée par 74 députés LR, dont des "fillonistes" 
et des "juppéistes".   
    Le point d'orgue de ce rassemblement, où la direction du 
parti annonce quelque 2.000 conseillers nationaux, sera le 
discours de clôture de l'ancien chef de l'Etat dimanche, mais 
François Fillon et Bruno Le Maire, parmi ses adversaires pour la 
primaire de novembre, ne seront présents que samedi, a-t-on 
appris vendredi auprès de leurs entourages respectifs. 
    Alain Juppé, sifflé comme François Fillon lors du congrès 
fondateur des Républicains en mai dernier, devrait lui aussi 
assurer un service minimum. 
    Pour ajouter à la froideur de l'ambiance, la succession de 
Jean-Pierre Raffarin à la présidence du Conseil national, qui 
donnera lieu à un vote, est au coeur d'une lutte sourde entre 
Luc Chatel, adoubé par Nicolas Sarkozy, et Michèle Alliot-Marie, 
qui a annoncé sa candidature surprise le 4 février. 
    Nicolas Sarkozy avait annoncé en décembre une réunion du 
conseil national, le "Parlement" du parti, pour couper court aux 
règlements de comptes internes après le score mitigé de la 
droite aux régionales. La ligne "droitière" du perdant de 2012 
avait alors été directement attaquée, par Alain Juppé et 
François Fillon notamment. 
     
    L'IMPOSSIBLE SYNTHÈSE 
    Le président des Républicains a depuis sacrifié, à dose 
mesurée, au "droit d'inventaire" réclamé sans ménagements par 
ses concurrents dans son livre "La France pour la vie", vendu à 
ce jour à plus de 114.000 exemplaires, selon l'institut GfK. 
    Nicolas Sarkozy entend jouer le parti et son "socle 
programmatique", dont les prémisses s'inscrivent clairement dans 
le sillage de 2012, contre les lignes concurrentes de ses 
rivaux, somme toute proches sur les questions économiques. 
    "Je veux que la droite et le centre aillent jusqu'au bout de 
leurs nécessaires refondations idéologiques", écrit-il dans son 
livre. "Les demi-mesures, les compromis hasardeux, les 
ambiguïtés habiles ne doivent plus avoir leur place dans notre 
projet d'alternance." 
    "On ne l'a pas attendu pour travailler et proposer un projet 
de rupture radical", dit un membre de l'équipe de François 
Fillon. L'ancien Premier ministre, dont le projet ultra-libéral 
est le plus avancé, s'irrite régulièrement du "pillage" de ses 
idées par les équipes Sarkozy et Juppé. 
    "C'est utile que le parti établisse un socle, mais une 
campagne présidentielle, c'est d'abord le projet d'un homme ou 
d'une femme. En 2007, le projet de Nicolas Sarkozy n'était pas 
celui de l'UMP. C'était le sien", relève Hervé Gaymard, chargé 
du projet d'Alain Juppé. 
    Pour le politologue Thomas Guénolé, "l'existence même de la 
primaire rend inutile et absurde d'essayer de définir un projet 
politique spécifique du parti." 
    "Par définition, chaque candidat à la primaire apportera le 
sien, et la répartition des voix déterminera le poids de chacun 
de ces courants dans la synthèse finale. C'est somme toute une 
conversion de la droite à la pratique de la gauche", juge-t-il. 
    Même le Parti socialiste, pionnier dans l'exercice de la 
primaire, a renoncé le 6 février à se doter d'un programme de 
référence pour 2017 afin de ne pas "rejouer la pièce des 
élections précédentes où le temps passé à discuter et à se 
disputer (...) est inversement proportionnel au temps que le 
candidat passe à le lire et à le reproduire." 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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  • charleco il y a 11 mois

    Il n'y aura pas de primaires socialistes, Hollande vient de mettre fin à cette idée. A droite, il va leur falloir des idées sacrément neuves, comme notre sortie de l'OTAN, par exemple, et la réconciliation avec la Russie.

  • frk987 il y a 11 mois

    Ils feraient beaucoup mieux de tirer à la courte paille l'heureux élu du parti et surtout de fermer leur g.... jusqu'à la présidentielle. Et surtout de ne pas faire de "primaires" stupides et grotesques, qu'ils laissent ces niaiseries à la gauche.