AVANT-PAPIER-Reprise du procès civil pour Jérôme Kerviel

le
0
    PARIS, 14 juin (Reuters) - Le procès civil de Jérôme Kerviel 
reprend mercredi devant la cour d'appel de Versailles, qui devra 
se prononcer sur la responsabilité de l'ex-trader dans la perte 
de 4,9 milliards d'euros subie par la Société Générale  SOGN.PA  
en 2008. 
    Ce procès ouvre un nouveau chapitre dans un dossier qui a 
viré à la bataille de procédures depuis la découverte du trou 
dans les comptes de la banque, les deux parties tentant de faire 
valoir des lectures radicalement différentes de l'histoire. 
    Dernier rebondissement en date: le Conseil des prud'hommes 
de Paris a condamné la semaine dernière la Société générale à 
verser plus de 450.000 euros à son ex-courtier, licencié d'après 
lui "sans cause réelle ni sérieuse".   
    Par là, les prud'hommes ont offert une première victoire 
judiciaire à Jérôme Kerviel et à ses avocats, lesquels entendent 
démontrer que la banque a couvert les prises de risque de son 
employé avant de le présenter au public comme un coupable idéal. 
    A l'inverse, la défense de la Société générale affirme qu'il 
a agi seul, au mépris des règles de la banque, et doit donc en 
assumer la responsabilité. 
    Toute la question soumise ces trois prochains jours à la 
Cour d'appel de Versailles est là: qui est responsable des 
pertes abyssales et, par voie de conséquence, qui est censé 
régler la note ? 
    A l'origine, l'ancien opérateur de marché avait été condamné 
à cinq ans de prison dont trois fermes et à verser à la Société 
Générale l'équivalent de l'intégralité des pertes en guise de 
dommages-intérêts. 
    La Cour de cassation a confirmé en 2014 le volet pénal de 
l'affaire - la peine de prison - mais rejeté la somme demandée 
par la Société Générale, en lui reprochant d'avoir failli dans 
ses mécanismes de contrôle. D'où le procès de Versailles. 
    Devenue plus complexe au fil des procédures, cette affaire 
ne se joue pas seulement devant les juges. Dans les médias 
aussi.         
    En janvier, le site Mediapart et le journal 20 Minutes ont 
publié l'enregistrement clandestin des propos d'une ancienne 
magistrate du parquet de Paris qui a suivi l'affaire Kerviel et 
qui met en cause sa hiérarchie et la banque.  
    Selon des extraits de retranscriptions, Chantal de Leiris 
affirme que la Société Générale connaissait les agissements de 
son ex-trader et qu'elle a "manipulé" l'enquête. 
    Se fondant sur des faits qu'elle présente comme nouveaux, la 
défense de Jérôme Kerviel réclame auprès de la Cour de révision 
une reprise du procès à zéro - la justice a décidé en mars 
dernier de reporter sa décision sur la question.    
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant