AVANT-PAPIER-Répétition générale avant la conférence climat de Paris

le
0

* Un projet d'accord lacunaire, des questions en suspens * Une pré-COP ministérielle pour déblayer le terrain * Des engagements nationaux à confirmer et réviser (Actualisé avec sondage) par Emmanuel Jarry et Alister Doyle PARIS, 6 novembre (Reuters) - Plus de 60 ministres se retrouvent du 8 au 10 novembre à Paris pour tenter de dégager la voie d'un compromis sur plus d'une trentaine de questions en suspens dans les négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique. A trois semaines de la conférence de Paris sous égide de l'Onu, cette "pré-COP21" constituera une forme de "répétition générale", a expliqué vendredi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lors d'une conférence de presse. Six ans après l'échec de la conférence de Copenhague, la COP21 est considérée comme une des dernières chances de conclure le premier accord universel contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre (GES), avant que le réchauffement de la planète et ses effets deviennent irréversibles. L'objectif est notamment de limiter le réchauffement climatique à 2°C maximum par rapport à l'ère pré-industrielle d'ici la fin de ce siècle. Le projet d'accord d'une trentaine de pages issu de la dernière session de négociations préparatoires, le mois dernier à Bonn, comporte encore de très nombreuses options à arbitrer, y compris concernant la formulation de cet objectif. Selon un sondage Odoxa pour iTELE diffusé vendredi et réalisé les 5 et 6 novembre, six Français sur dix (59%) estiment que la COP21 sera un échec, contre 40% qui pensent le contraire. Moins du quart des Français (23%) jugent l'action du gouvernement proportionnée aux enjeux, 58% des Français la considèrent insuffisante et 18% trop importante. La pré-COP, où seront représentées toutes les régions du monde et catégories de pays, se concentrera sur quatre thèmes : les ambitions de la COP, la prise en compte des différences de responsabilité et de capacités des divers pays, le financement de l'aide aux Etats les plus vulnérables au-delà de 2020 et les actions concrètes à engager sans attendre cette échéance. Une note adressée par la France aux participants à la pré-COP et obtenue par Reuters énumère plus d'une trentaine de questions à trancher sous ces quatre têtes de chapitre. En matière d'ambition, ce document pose ainsi la question de la formulation d'objectifs à long terme, c'est-à-dire 2050, notamment en matière d'adaptation aux effets du réchauffement. "L'objet de cette pré-COP ne consiste pas à renégocier le texte issu de la dernière session de négociations formelles", a expliqué Laurent Fabius. "L'objectif c'est de trouver le chemin d'un accord sur le plus grand nombre d'options possible." CLAUSE DE RÉVISION Les ministres réunis à partir de dimanche à Paris feront ainsi un "pas majeur" s'ils s'accordent sur le principe et la périodicité d'une clause de révision à la hausse des engagements nationaux contre le réchauffement, a-t-il estimé. Sur les 195 pays participants à la COP21, 155 représentant environ 87% des émissions mondiales de GES ont déposé à ce jour auprès de l'Onu leurs engagements, ce qui est salué comme un "premier pas très significatif" par le document français. Ces engagements ne mettent cependant pas encore la planète sur la trajectoire d'un réchauffement limité à 2°C mais plutôt entre 2,7% et 3%, selon les estimations, ce qui rend d'autant plus nécessaire un mécanisme de révision périodique, auquel la Chine s'est ralliée cette semaine. ID:nL8N12X41R En matière de financements, les pays industrialisés ont promis de dégager 100 milliards de dollars de fonds publics et privés par an d'ici 2020. "Nous essaierons d'avancer sur le principe d'une augmentation des financements pour le climat au-delà de 2020", a déclaré Laurent Fabius. Doivent notamment être réglées les questions relatives à la contribution des pays émergents, au renforcement de la part affectée aux actions d'adaptation ou à la transparence et la prévisibilité de ces fonds. Aujourd'hui doté de 10,2 milliards de dollars, le Fonds Vert, une des composantes de l'aide internationale, a annoncé vendredi qu'il avait d'ores et déjà approuvé huit projets pour un montant total de 168 millions de dollars. Les esquisses de compromis élaborées lors de la pré-COP seront transmises aux négociateurs qui s'efforceront de les traduire dans le projet d'accord pendant la première semaine de la conférence de Paris, avant de repasser la main aux ministres, auxquels reviendra la décision finale. Le gouvernement français mise aussi sur plusieurs rendez-vous internationaux avant la COP21 pour déblayer le terrain, dont les sommets Union européenne-Afrique du 12 novembre, du G20 les 15-16 en Turquie et du Commonwealth à la fin du mois. (Avec John Irish, édité par Sophie Louet)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant