AVANT-PAPIER-Référendum à l'issue incertaine, mais le "In" remonte

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    * David Beckham vole au secours du "maintien" dans l'UE 
    * La livre sterling remonte ces derniers jours 
    * L'issue paraît toujours serré, même si le "In" progresse 
 
    par Michael Holden 
    LONDRES, 21 juin (Reuters) - A 48 heures d'un référendum sur 
la place du Royaume-Uni dans l'Europe, décisif pour l'avenir de 
l'Union européenne, les sondages font état d'une opinion 
britannique très divisée sur la question et ne dégagent pas une 
tendance claire, même si les partisans du "maintien" semblent 
avoir progressé ces derniers jours. 
    Les Britanniques diront jeudi s'ils veulent se retirer de 
l'UE ou s'y maintenir, à l'issue d'une campagne à laquelle se 
sont invités des dirigeants de la communauté internationale, des 
investisseurs et des multinationales pour dire qu'un "Brexit" 
amoindrirait l'influence politique et économique de la 
Grande-Bretagne et provoquerait une onde de choc dans tout le 
monde occidental. 
    Une trentaine de multinationales françaises ont ainsi publié 
mardi dans la presse britannique une tribune pour appeler les 
électeurs du Royaume-Uni à voter en faveur du maintien. 
    "S'il vous plaît, amis britanniques remain!", lit-on au 
début de ce texte signé par de grandes entreprises de l'Hexagone 
de tous les secteurs, du mutualiste BPCE à BNP Paribas  BNPP.PA  
en passant par Airbus Group  AIRF.PA , Bouygues  BOUY.PA , 
Orange  ORAN.PA , Danone  DANO.PA  ou encore Michelin  MICP.PA . 
    Alors que chaque camp abat ses dernières cartes, les 
partisans du maintien ont placardé une dernière affiche qui 
représente une porte donnant sur le vide et les ténèbres, avec 
ce slogan: "Si vous sortez, ce sera sans retour". 
    L'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre David Beckham, 
fort de son immense célébrité outre-Manche, a ajouté mardi sa 
voix à ceux des défenseurs du "maintien" : "Pour nos enfants et 
leurs enfants, nous devons affronter les problèmes 
internationaux ensemble et non pas seuls", a-t-il dit. 
    Le camp du maintien dans l'UE, qui comprend le Premier 
ministre conservateur David Cameron, met l'accent sur ce qu'il 
présente comme les avantages économiques de l'appartenance à 
l'UE et sur les risques posés par un départ. 
     
    LE CAMP DU "IN" REMONTE, LA LIVRE AUSSI 
    Dans le même temps, les partisans du retrait enfoncent le 
clou mardi avec ce qu'ils appellent "l'immigration incontrôlée". 
    Un ancien collaborateur de David Cameron, Steve Hilton,  
explique ainsi que de hauts fonctionnaires ont dit sans 
ambiguïté au chef du gouvernement, dès 2012, qu'il ne pourrait 
pas atteindre son objectif de limiter le solde migratoire net à 
quelques dizaines de milliers de personnes. 
    "On nous disait, directement et explicitement, qu'il serait 
impossible pour le gouvernement d'atteindre son objectif tant 
que nous serions membres de l'Union européenne, laquelle, 
évidemment, met en avant la libre circulation des personnes en 
son sein", écrit mardi Hilton, partisan déclaré du Brexit, dans 
les colonnes du Daily Mail. 
    De son côté, l'homme d'affaires George Soros a écrit dans 
les colonnes du Guardian que si le "Brexit" l'emportait, la 
livre chuterait encore plus lourdement que lors du Mercredi 
Noir, cette journée du 16 septembre 1992 où la monnaie 
britannique dut sortir de force du mécanisme de change européen. 
    La livre regagne du terrain depuis quelques jours sur la foi 
de sondages plus favorables au camp du "In", mais même les 
partisans du "maintien" reconnaissent que l'opinion demeure très 
partagée. La devise britannique a continué de se raffermir mardi 
matin et a touché un plus haut depuis le 4 janvier face au 
dollar, à 1,4788 dollar  GBP=D4 . 
    "La situation s'est améliorée pour le camp du 'maintien' ces 
derniers jours mais cela pourrait toujours être très serré(...). 
J'ai davantage confiance depuis quelques jours", déclarait mardi 
le secrétaire d'Etat aux Finances Greg Hands devant des 
investisseurs réunis pour une conférence à Londres. 
    Une enquête de l'institut ORB pour le Daily Telegraph 
crédite le camp du "In" de 53% des intentions de vote contre 46% 
en faveur du Brexit, alors que le précédent sondage ORB/Daily 
Telegraph, il y a une semaine, donnait encore un point d'avance 
aux partisans du "Leave" (sortie de l'UE), à 49% contre 48%. 
    Un sondage de l'institut NatCen pour le Financial Times 
donne le "Remain" à 53% des intentions de vote contre 47% au 
Brexit. En revanche, l'institut YouGov pour le Times donne le 
camp du "Out" à 44% contre 42% pour le "In". 
    La campagne a été suspendue pendant trois jours après 
l'assassinat jeudi dernier de la députée travailliste Jo Cox, 
qui militait pour le "In". Avant ce meurtre, les sondages 
donnaient pour la plupart l'avantage au "Brexit". 
     
    * VOIR AUSSI : 
    LE POINT sur le référendum du 23 juin sur l'avenir du 
Royaume-Uni dans l'UE   
    ENCADRE-Modalités du référendum britannique sur le Brexit 
  
 
 (Avec Elisabeth O'Leary, John Geddie et Estelle Shirbon; 
Henri-Pierre André, Benoît Van Overstraeten et Eric Faye pour le 
service français) 
 

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  • PP4512 il y a 6 mois

    la GB ne doit pas quitter l'UE ,ce serait un desastre pour beaucoup et d'abord pour les anglais ! pour autant cette reaction anglaise est utile si elle debouche sur une reflexion en profondeur qui se traduise vite par une refonte du projet europeen et des instruments de sa mise en oeuvre .Le resultat pourrait surprendre car le bon sens voudrait qu'on batisse l'europe sur deux niveaux ,l'un trés integré ,ramassé sur tout ou partie des nations fondatrices ,l'autre plus proche d'une marché libre