AVANT-PAPIER-Orban dramatise le débat avant le référendum sur les migrants

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    par Krisztina  Than 
    BUDAPEST, 30 septembre (Reuters) - Le Premier ministre 
Viktor Orban tente de dramatiser le débat sur la question des 
migrants afin de convaincre les Hongrois de se rendre en nombre 
aux urnes dimanche lors d'un référendum qui devrait se traduire 
par un rejet des quotas de réfugiés proposés par la Commission 
européenne. 
    Le résultat de cette consultation référendaire ne fait guère 
de doute, près de 80% de l'opinion publique en Hongrie se 
prononçant contre la relocalisation des demandeurs d'asile dans 
le pays, selon différents sondages. 
    La seule incertitude concerne le taux de participation qui 
doit, selon la constitution hongroise, dépasser les 50% afin que 
le résultat soit valide. En dessous de ce seuil, le scrutin 
n'aurait aucune valeur. 
    Cette disposition inquiète le Premier ministre populiste car 
traditionnellement les référendums mobilisent beaucoup moins les 
électeurs que les législatives, considérées comme le rendez-vous 
majeur de la vie politique hongroise. 
    Pour pallier cette incertitude, Orban joue sur la peur de 
ses concitoyens et reprend le thème de la sécurité intérieure, 
affirmant que "plus il y aura de migrants, plus grand sera le 
risque du terrorisme". 
    "Nous voulons que la Hongrie demeure un pays sûr tel qu'il 
est maintenant", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision TV2 
jeudi soir. "S'il y a plus de 'non' que de 'oui' (aux quotas de 
réfugiés), cela signifiera que les Hongrois refusent la règle 
que les bureaucrates de la Commission européenne entendent nous 
imposer", a-t-il poursuivi. 
    Un rejet massif du plan de la Commission prévoyant une 
répartition proportionnelle des réfugiés dans les Etats membres 
de l'UE permettrait à Viktor Orban d'apparaître en position de 
forces face aux demandes de Bruxelles. Le Premier ministre s'est 
dit prêt à entamer des négociations dès la semaine prochaine. 
         
    CAMPAGNE D'AFFICHAGE 
    Au cours des deux derniers mois, le gouvernement hongrois a 
multiplié les affichages dans l'ensemble du pays afin de 
délivrer le message qu'il existait un lien direct entre 
l'immigration et l'insécurité. 
    "Le saviez-vous ? Depuis le début de la crise migratoire, le 
nombre de cas de harcèlement contre les femmes s'est envolé en 
Europe", affirme un slogan de campagne. 
    Cette communication semble marquer les esprits des Hongrois, 
comme celui de ce professeur de chimie à la retraite de Budapest 
selon lequel "les migrants ne savent pas comment se comporter, 
ils volent, ils violent des femmes, ils portent des armes, ils 
organisent et commettent des actes terroristes". 
    Le ton et les arguments utilisés par Orban inquiètent les 
Européens qui, pour l'instant, y voient une affaire interne à la 
Hongrie mais redoutent que cela consolide la position du 
dirigeant hongrois. "Ce qui ne serait pas une bonne nouvelle 
pour l'UE", précise un diplomate. 
    Les observateurs et les associations de défense des droits 
expliquent qu'Orban axe son discours sur l'immigration afin de 
cimenter un soutien populaire à son parti, le Fidesz, et 
préparer dans les meilleures conditions les élections générales 
de 2018. 
    Face à la rhétorique gouvernementale, les opposants au 
référendum peinent à faire entendre leurs voix, à l'exception de 
quelques initiatives restreintes comme celle du Parti du chien à 
deux queues (Two-Tailed Dog Party), formation parodique connue 
pour ses affichages de rue et ses peintures murales. Leur 
influence devrait être résiduelle. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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