AVANT-PAPIER-Nouvelles mesures d'assouplissement attendues de la BCE

le
0
    * La BCE pourrait abaisser un taux de dépôt déjà négatif 
    * Des ajustements attendus sur les rachats d'actifs 
    * L'inflation négative en février dans la zone euro 
 
    par Balazs Koranyi 
    FRANCFORT, 7 mars (Reuters) - La Banque centrale européenne 
(BCE) devrait encore franchir jeudi une nouvelle étape dans 
l'assouplissement de sa politique monétaire alors que les 
diverses mesures prises jusqu'à présent, hors des sentiers 
battus de l'orthodoxie, n'ont pas suffi à ramener de l'inflation 
dans la zone euro. 
    Pire, la déflation menace, malgré un taux de dépôt déjà 
négatif et un programme de rachats d'actifs censé atteindre 
environ 1.500 milliards d'euros. 
    Pour les économistes et les investisseurs, la cause est 
entendue : la BCE prendra de nouvelles mesures jeudi à l'issue 
de son conseil des gouverneurs. 
    Son président Mario Draghi semble avoir préparé les esprits 
à ce scénario depuis plusieurs semaines, dans un contexte de 
ralentissement économique de la Chine et de morosité globale de 
l'activité à travers le monde. 
    "Le conseil des gouverneurs dispose de toute une panoplie 
d'instruments pour réagir, si nécessaire, et il n'y a aucune 
limite au déploiement de ces instruments dans le cadre de notre 
mandat pour atteindre notre objectif d'une inflation inférieure 
à mais proche de 2% à moyen terme", a écrit Mario Draghi dans 
une lettre à un député européen datée du 1er mars, en insistant 
sur l'"augmentation des risques baissiers sur les prévisions 
antérieures" de croissance et d'inflation.   
    Si une action paraît certaine, le diable réside dans les 
détails. 
    D'après une enquête de Reuters menée la semaine dernière 
auprès d'économistes, une nouvelle réduction, d'au moins dix 
points de base, du taux de dépôt, actuellement fixé à -0,30%, 
paraît acquise après celle de décembre. 
     
    SCEPTICIMSE CROISSANT 
    La BCE pourrait aussi amplifier ses achats de titres sur les 
marchés dans le cadre de sa politique d'assouplissement 
quantitatif (quantitative easing, QE), lancée il y a exactement 
un an et déjà prolongée en décembre dernier jusqu'en mars 2017. 
    L'augmentation du montant des achats mensuels pourrait 
atteindre dix milliards d'euros, ce qui le porterait à 70 
milliards. Certains économistes pensent même que la BCE pourrait 
frapper plus fort ou élargir la gamme des actifs qu'elle est 
susceptible de racheter pour y inclure des obligations 
d'entreprise. 
    L'institut de Francfort pourrait aussi choisir d'ignorer les 
règles qu'il s'est lui-même fixé consistant à ne pas acheter 
d'actifs dont le rendement est inférieur au taux de dépôt. 
    Toutes ces mesures suscitent néanmoins un scepticisme 
croissant, d'autant que, malgré les initiatives déjà prises, 
l'inflation dans la zone euro est devenue négative en février. 
  
    Morgan Stanley doute notamment de leur complémentarité. 
    "Il y a des inquiétudes parmi les investisseurs quant au 
fait que le taux de dépôt négatif puisse saper l'efficacité de 
l'assouplissement quantitatif de la BCE", écrit l'établissement 
financier dans une note à ses clients. "C'est parce qu'il crée 
de fait une taxe sur les réserves excédentaires des banques, 
c'est-à-dire de fait une taxe sur le QE lui-même." 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Patrick 
Vignal) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant