AVANT-PAPIER-Les migrants au coeur des visites de Hollande à Tours et Calais

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    * Le président visitera un centre d'accueil à Tours 
    * Rencontre avec les forces de l'ordre et les élus à Calais 
    * Il veut expliquer l'action du gouvernement sur les 
migrations 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 23 septembre (Reuters) - Le dossier des migrants est 
au coeur des visites de François Hollande, samedi à Tours et 
lundi à Calais, où le président entend, selon son entourage, 
dépassionner un débat réveillé par la primaire de la droite pour 
l'élection présidentielle de 2017.  
     Le chef de l'Etat et trois ministres, dont celui de 
l'Intérieur Bernard Cazeneuve, visiteront samedi à Tours un 
Centre d'accueil et d'orientation (CAO), l'une des 164 
structures nées du programme lancé il y a un an à destination 
des migrants bloqués dans des campements.  
    Depuis leur création, fin octobre 2015, les CAO répartis 
dans 80 départements ont pris en charge 5.638 personnes en 
provenance de Calais, point de ralliement des migrants dans le 
nord de la France, d'où ils espèrent rejoindre le Royaume-Uni. 
    Aucune rencontre avec des migrants ou des candidats à 
l'asile n'est prévue dans le programme officiel de la visite de 
Calais mais des rendez-vous avec les forces de l'ordre, les 
associations, des acteurs de l'économie locale et des élus - 
dont la maire LR de Calais, Natacha Bouchart, et le président LR 
de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.   
    Annoncée en juin dans un entretien à La Voix du Nord, cette 
visite a été préparée avec soin dans une ville dont la patience 
s'effrite à mesure que se multiplient les incidents liés aux 
migrants, désormais quasi quotidiens.  
     
    "FAIRE APPEL À LA RAISON DES GENS"  
    "On est élu pour gouverner, pas pour se planquer et ne pas 
affronter les problèmes les plus difficiles", rétorque-t-on dans 
l'entourage de Bernard Cazeneuve à l'intention de ceux qui, y 
compris au sein du gouvernement, ont émis des réserves sur un 
déplacement jugé politiquement risqué.  
    L'entourage du chef de l'Etat promet pour sa part un 
discours présidentiel "qui fait appel à la raison des gens".  
    "L'idée est démontrer que l'on traite et que l'on va 
continuer à traiter le problème dans sa globalité", dit-on.     
    Bernard Cazeneuve, pour qui ce sera lundi la neuvième visite 
de ministre à Calais, a annoncé le démantèlement prochain du 
camp sauvage de Calais, la "jungle", ce qui suppose de trouver 
9.000 places sur l'ensemble du territoire français. 
    Déplorant les "surenchères" liées à la primaire de la 
droite, son entourage met en perspective les 1,2 million de 
migrants entrés dans l'Union européenne en 2015, le million 
accueilli en Allemagne et "un débat public complètement 
'hystérisé' en France, portant sur 9.000 personnes".  
    La visite de François Hollande à Calais survient quelques 
jours après celle de l'ancien président Nicolas Sarkozy, 
candidat à la primaire de droite. 
    Les Français n'ont "pas vocation à être les douaniers des 
Anglais", a dit l'ancien chef de l'Etat, qui avait fermé le camp 
de migrants de Sangatte et signé les accords du Touquet 
instituant la frontière britannique sur le sol français, 
lorsqu'il était ministre de l'Intérieur en 2003.  
    Il réclame donc une renégociation de ces accords de façon à 
obtenir l'ouverture d'un centre de traitement des demandes 
d'asile au Royaume-Uni. 
    Une requête jugée irrecevable par les services de Bernard 
Cazeneuve, surtout dans un contexte de sortie programmée du 
Royaume-Uni de l'Union européenne.  
     
    "RESPECT DE NOS PRINCIPES"  
    L'entourage du ministre ironise aussi sur la demande de 
fermeture des frontières françaises réclamée par Nicolas 
Sarkozy, alors qu'elles sont effectivement fermées depuis les 
attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.  
    "Depuis le 13 novembre 2015, 65 millions de contrôles ont 
été effectués à la frontière et 40.000 personnes ont été 
refoulées", rappelle-t-on.  
    A sept mois de l'élection présidentielle, le déplacement de 
Calais devrait être donc être l'occasion de vanter la méthode 
"maîtrisée" choisie face aux migrations, "dans le respect de nos 
principes et du droit international", rappelait jeudi le 
porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. 
    L'exécutif socialiste se veut à la fois respectueux du droit 
d'asile et ferme avec les immigrés illégaux.    
    Selon le ministère de l'Intérieur, 30 personnes en situation 
irrégulière ont quitté lundi par les airs le sol français pour 
l'Albanie au départ de Calais, portant à 1.384 le nombre de 
migrants de cette zone expulsés depuis le début de l'année. 
    Les passeurs sont en outre ciblés par les autorités qui ont 
annoncé le démantèlement de 229 filières en 2016, soit une 
hausse d'un quart par rapport à l'an dernier.    
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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