AVANT-PAPIER-Les dirigeants européens au chevet de la crise migratoire

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* La coopération avec la Turquie au coeur des débats * Le renforcement des frontières extérieures à l'étude * La Syrie au menu du dîner des dirigeants européens par Chine Labbé PARIS, 14 octobre (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement européens tenteront jeudi de donner une nouvelle impulsion à leur politique commune face à l'afflux de réfugiés sur le continent, en mettant l'accent sur le renforcement des frontières, l'accélération des retours de migrants irréguliers et la coopération avec la Turquie. Le sommet de Bruxelles devrait être moins tendu que celui du mois dernier, lorsque les Vingt-Huit s'étaient déchirés sur l'instauration d'un mécanisme de répartition obligatoire des réfugiés arrivés dans des pays comme l'Italie et la Grèce. Le Conseil européen devrait ainsi relancer à Bruxelles les discussions sur la mise en place d'un corps de garde-frontières pour protéger l'espace Schengen, et examiner un renforcement du mandat de l'agence Frontex, chargée de la coordination de la surveillance des frontières extérieures de l'Union. L'objectif sera notamment de l'autoriser à effectuer de sa propre initiative des reconduites à la frontière. Il faut une "réponse qui soit à la fois conforme à nos principes, c'est-à-dire ceux du droit d'asile, mais qui mette aussi en avant la crédibilité de la réponse européenne en matière de contrôle des frontières extérieures communes", a déclaré mercredi devant l'Assemblée nationale le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir. Le dialogue avec les pays tiers, et plus particulièrement avec la Turquie, pays de transit mais aussi de départ de réfugiés, sera au coeur des discussions jeudi. Le projet de conclusions du conseil prévoit de travailler "rapidement" à l'adoption d'un plan d'action commun avec Ankara. Selon un projet d'accord présenté la semaine dernière par des responsables européens au président turc Recep Tayyip Erdogan, l'UE débloquerait en 2015 et 2016 un milliard d'euros pour aider Ankara à s'occuper des 2,2 millions de réfugiés syriens et irakiens présents sur son territoire. La Turquie serait quant à elle invitée à renforcer la surveillance de ses côtes et de ses frontières avec la Grèce et la Bulgarie, et à accepter le retour de migrants sur son sol. ID:nL8N1264CH LA SYRIE AU MENU DU DÎNER Près de 170.000 clandestins sont entrés en septembre sur le territoire de l'Union européenne, selon l'agence Frontex. L'augmentation du taux de reconduites d'étrangers en situation irrégulière a été évoquée la semaine dernière par les ministres de l'Intérieur de l'UE qui ont souhaité qu'elle ait "un effet dissuasif sur l'immigration clandestine". ID:nL8N1284HP Une volonté que devrait reprendre à son compte le Conseil européen, en plaidant pour une intensification du dialogue avec les pays d'origine des migrants, afin qu'ils consentent à octroyer des laissez-passer, corollaire indispensable à des reconduites réussies. La réunion de jeudi visera également à entériner et accélérer les décisions prises lors du conseil extraordinaire de fin septembre, qui avait notamment fixé une date butoir à la Grèce et à l'Italie pour qu'elles organisent sur leur territoire des centres d'enregistrement visant à recenser les arrivants et à distinguer les migrants des réfugiés. ID:nL5N11U01Q Quatre centres de ce type fonctionnent aujourd'hui en Italie, d'où les premières "relocalisations" de réfugiés ont été engagées, vers la Suède. Deux autres devraient suivre. ID:nL8N1291ZU Une harmonisation des systèmes d'asile au niveau européen, demandée par Paris et Berlin, ne sera toutefois pas à l'ordre du jour de cette réunion, qui traitera uniquement des solutions à apporter en urgence à la crise. Lors d'un dîner prévu jeudi soir, les chefs d'Etats et de gouvernements devraient par ailleurs aborder plusieurs grandes questions internationales, parmi lesquelles la situation en Syrie et le rôle joué dans le pays par la Russie. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, réunis lundi à Luxembourg, ont accusé Moscou de menacer les efforts de paix et demandé l'arrêt des frappes aériennes russes contre les rebelles syriens soutenus par les Occidentaux. Des critiques qui devraient être réitérées jeudi à Bruxelles, selon des responsables européens. (Edité par Yves Clarisse)

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