AVANT-PAPIER-Le référendum italien, un enjeu pour toute la zone euro

le
0
    par Crispian Balmer 
    ROME, 1er décembre (Reuters) - Le référendum qui doit 
décider dimanche d'une réforme constitutionnelle en Italie 
dépasse le seul avenir politique du président du Conseil Matteo 
Renzi et fait peser une menace sur l'ensemble du secteur 
bancaire du pays et au-delà sur la zone euro, qui voit ressurgir 
le spectre d'une nouvelle crise. 
    Le chef du gouvernement italien a multiplié les meetings cet 
automne pour tenter de convaincre du bien-fondé de son projet un 
électorat réticent face aux changements d'institutions en place 
depuis le 1er janvier 1948. 
    Renzi estime que le bicamérisme intégral, dans lequel le 
Sénat dispose des mêmes pouvoirs que le Chambre des députés, est 
une source constante d'instabilité politique à laquelle il 
convient de mettre un terme pour asseoir un exécutif renforcé. 
    La question posée aux 52 millions d'électeurs italiens 
concerne la fin de ce régime de stricte égalité entre les deux 
assemblées, la réduction du nombre des sénateurs, la maîtrise 
des coûts de fonctionnement des institutions politiques et la 
suppression du Cnel, le Conseil national de l'économie et du 
travail. 
    Arrivé au pouvoir en février 2014, Matteo Renzi a lié son 
sort à celui de la réforme qu'il présente comme la bataille 
majeure de son mandat. 
    Une victoire du "non" serait interprétée comme une nouvelle 
expression de la vague de contestation, anti-establishment et 
anti-élites, qui s'est déjà exprimée par le Brexit au 
Royaume-Uni et par la victoire de Donald Trump à la 
présidentielle américaine. 
    "Le monde est en train de changer", a lancé le populiste 
Beppe Grillo, fondateur du Mouvement 5 Etoiles (M5S), le parti 
le plus actif de l'opposition, lors d'un rassemblement de ses 
partisans samedi à Rome. 
    "Nous devons leur jeter notre 'non' à la figure. Ce n'est 
pas un 'non' politique, c'est un 'non' existentiel et un 'non' 
social. Notre monde est en marche", a-t-il affirmé. 
    Une victoire de ce "non" pourrait avoir comme conséquence 
immédiate un effondrement de Banca Monte dei Paschi di Siena 
 BMPS.MI , la troisième banque d'Italie, considérée comme la 
plus fragile des grandes institutions financières de la zone 
euro. 
    La banque a besoin de lever de nouveaux capitaux à hauteur 
de cinq milliards d'euros pour avoir une chance de nettoyer son 
bilan, plombé par 46 milliards d'euros de créances douteuses. 
  
     
    RISQUE SUR LA STABILITÉ FINANCIÈRE 
    Si le "non" l'emporte dimanche et ouvre une période 
d'instabilité politique avec le départ de Renzi, Monte dei 
Paschi pourrait être contrainte de renoncer à l'opération, ce 
qui l'obligerait à appeler les pouvoirs publics à l'aide pour 
tenter d'échapper au dépôt de bilan. 
    Une telle issue risquerait de provoquer une contagion 
désastreuse par effet de dominos dans le secteur.  
    "Le référendum de dimanche sur la réforme constitutionnelle 
est l'équivalent du Brexit pour l'Italie et une victoire du 
'non' déclencherait d'énormes ondes de choc sur les marchés et 
le système bancaire. Cela accentuerait également la pression sur 
l'euro", estime Neil Wilson d'ETX Capital. 
    Le risque sur la stabilité financière est tel que la Banque 
centrale européenne (BCE) se tient prête à intervenir 
temporairement en achetant des obligations souveraines 
italiennes si le projet de réforme est rejeté, ont déclaré 
plusieurs sources à Reuters ces derniers jours.    
    Sur le marché des obligations d'Etat, l'écart entre le 
rendement de la dette italienne à dix ans et celui des titres 
allemands de même échéance, qui mesure la "prime de risque" 
exigée par les investisseurs pour prêter à Rome, a doublé ces 
trois derniers mois.  
    C'est dans ce contexte de profonde incertitude que les 
enquêtes d'opinion ont été suspendues pendant les deux semaines 
précédant le scrutin. Mais les derniers chiffres disponibles 
donnaient jusqu'à onze points d'avance au camp du "non". 
    Selon des sources au sein du Parti démocrate (PD) de Renzi, 
des sondages privés montrent que l'écart s'est réduit à environ 
cinq points mais qu'un quart de l'électorat demeure indécis. 
    Le ton violent de la campagne a accentué comme rarement les 
divisions dans le pays avec des lignes de fracture traversant 
même le camp du chef du gouvernement. 
    "Nous avons commis l'erreur de personnaliser cette réforme", 
 reconnaît Matteo Richetti, député proche de Renzi. "Mais je 
pense que nous pouvons l'emporter malgré tout. Les Italiens se 
rendent compte que l'enjeu n'est pas Renzi mais la manière dont 
le pays doit être gouverné dans les années à venir". 
    Les bureaux de vote ouvriront à 07H00 (06h00 GMT) et les 
premières estimations sont attendues dès leur fermeture à 23h00 
(22h00 GMT).   
     
 
    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ 
ANALYSE-L'Italie, nouvel épisode de "risque politique" pour les 
banques      
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^> 
 (Pierre Sérisier pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux