AVANT-PAPIER-Le pape en Amérique du Sud pour soutenir les pauvres

le , mis à jour à 10:54
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par Philip Pullella CITE DU VATICAN, 3 juillet (Reuters) - Le pape François s'envole dimanche pour l'Amérique du Sud, où il compte porter dans trois pays son message de solidarité avec les opprimés, qu'ils soient des paysans pauvres, des prisonniers ou des indigènes. Sa tournée du 5 au 13 juillet en Equateur, Bolivie et au Paraguay, trois des pays les plus déshérités du continent, sera la première depuis qu'il a appelé à préserver l'environnement et à défendre les pauvres dans son encyclique "Laudato Si" au mois de juin. Ce sera aussi le premier voyage du pape argentin dans les pays hispanophones d'Amérique du Sud, continent où il s'était rendu en 2013, mais au Brésil lusophone, pour un sommet de la jeunesse où il avait remplacé le pape Benoît XVI après son renoncement surprise. Parce qu'il a lui-même choisi les trois pays où il va se rendre, ses conseillers au Vatican disent qu'il s'agira de son véritable "retour" sur son continent d'origine. Mais François ne se rendra pas en Argentine avant 2016. En Bolivie, il ira dans la prison de Palmasol, connue pour ses violences, et qui fonctionne comme une véritable ville, avec ses propres règles. En Equateur, il ira réconforter les personnes âgées d'un hospice et rendra visite à des enfants malades. Et à Asuncion, la capitale du Paraguay, il parcourra l'un des plus pauvres bidonvilles du pays, celui de Banado Norte, régulièrement menacé par les inondations. RENCONTRE AVEC EVO MORALES La santé du souverain pontife, qui a 78 ans et a perdu une partie d'un poumon lors d'une maladie dans sa jeunesse, retiendra l'attention car il risque de souffrir de la haute altitude au cours de sa brève étape à La Paz, en Bolivie (3.650 mètres), dont l'aéroport international El Alto, à 4.000 mètres, est le plus élevé au monde. Le Vatican a déclaré que François déciderait lui-même s'il mâche des feuilles de coca, comme le font les habitants pour prévenir ou atténuer le mal des montagnes. En Bolivie, il s'entretiendra avec le président Evo Morales, socialiste et premier indigène à être devenu chef de l'Etat de ce pays. La Bolivie, dont Evo Morales a nationalisé l'industrie des hydrocarbures pour financer des programmes sociaux comme la construction de routes et d'écoles, connaît une croissance annuelle supérieure à 5%, même si un cinquième de la population vit toujours dans une pauvreté extrême. Le pape ne passera que quatre heures dans la capitale bolivienne avant de se rendre à Santa Cruz, l'une des villes du pays à la plus forte croissance, pour le restant de son séjour de 48 heures en Bolivie. De même qu'il avait choisi l'Albanie comme premier pays d'Europe où il s'est rendu en visite, au lieu de se rendre dans les grandes puissances économiques du vieux continent, de même ses choix, cette fois-ci, reflètent sans ambiguïté sa préoccupation pour les populations et les pays en marge de la marche du monde. "Il tient à montrer que vous pouvez mieux considérer les problèmes à partir des marges, plutôt qu'au centre", déclare à ce sujet l'un de ses collaborateurs, sous le sceau de l'anonymat. "Il a choisi les pays d'Amérique du Sud les plus confrontés à la pauvreté, aux inégalités et aux difficultés, mais qui émergent désormais sur les marges, avec un taux de modernisation et de développement impressionnant ces dernières années", dit-il. (Eric Faye pour le service français)

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